Le dossier du changement climatique était sur la table du G7. Mais la pression exercée sur Donald Trump n’aura visiblement pas suffi à le convaincre. Le président américain aurait pris la décision de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat conclu fin 2015 par plus de 190 pays, affirment plusieurs médias américains. Une annonce publique devrait avoir lieu «dans les prochains jours», a affirmé Donald Trump sur Twitter.

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Un retrait américain serait un camouflet pour la «diplomatie climat» qui, il y a moins de 18 mois, célébrait à Paris un accord historique, dont Pékin et Washington (sous la présidence Obama) furent des architectes centraux. Le site américain Axios en particulier cite deux sources anonymes qui ont eu connaissance de la décision du président.

Deux autres médias américains, CBS News et Politico, affirment la même chose. Politico cite une source officielle de la Maison-Blanche. Donald Trump est encore en discussion avec son administration pour définir les modalités exactes de sortie, selon Axios.

Signaux contradictoires

Pendant sa campagne, l’homme d’affaires septuagénaire, qui martèle vouloir mettre fin à la «guerre contre le charbon», avait promis d'«annuler» cet accord.

Mais depuis son installation à la Maison-Blanche, le 20 janvier, il avait envoyé des signaux contradictoires, reflets des courants contraires qui traversent son administration sur la question climatique mais aussi, au-delà, sur le rôle des Etats-Unis dans le monde et leur rapport au multilatéralisme.

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Le patron de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, s’était ouvertement prononcé pour une sortie de l’accord, jugeant qu’il était «mauvais» pour l’Amérique.

Le monde des affaires s’était, dans sa grande majorité, prononcé pour un maintien au sein de l’accord de Paris. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier ExxonMobil, le géant de l’agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel ou Microsoft, avaient pressé Donald Trump de ne pas en sortir.

L’objectif des Etats-Unis, fixé par l’administration Obama, est une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 par rapport à 2005.

Interrogé mardi sur la position de Donald Trump sur le changement climatique, qui fait l’objet d’un vaste consensus scientifique, son porte-parole Sean Spicer était resté évasif. Le président croit-il à l’impact des activités humaines sur le changement climatique, sujet qui fait l’objet d’un très large consensus scientifique? «Je ne peux le dire, je ne lui ai pas demandé», avait-il répondu.