Les Etats-Unis accroissent la pression sur Téhéran. Mercredi, le Département du trésor a pris de nouvelles sanctions contre les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime qui n’a cessé d’accroître son emprise sur la politique et l’économie iraniennes. Celles-ci consistent notamment à geler les avoirs du général des Gardiens de la révolution, Rostam Qasemi, et de Khatam Al-Anbiya, une entreprise de construction.

Réticence chinoise

Ce durcissement de Washington intervient à un moment où les six puissances (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU+l’Allemagne) qui négocient avec la République islamique restent divisées. Si la Russie, agacée par le jeu nucléaire iranien du président Mahmoud Ahmadinejad semble prête à se rallier aux positions occidentales, la Chine fait toujours obstruction.

Jusqu’ici, les sanctions ont donné lieu à un débat sans fin sur leur effectivité. Ce qu’elles n’ont en tout cas pas réussi à faire, c’est mettre un terme au programme nucléaire iranien soupçonné de mener à la fabrication d’armes atomiques. Fort d’une vieille expérience qui leur a permis de survivre aux visées impérialistes des Britanniques et des Russes, l’Iran a ici encore réussi à maintenir une marge de manœuvre suffisante malgré les sanctions. Dès lors, leur fonction doit être comprise sous un autre angle. Les Iraniens sont toujours en quête de respectabilité au plan international et n’aiment pas être singularisés. De nouvelles sanctions pourraient dès lors avoir un impact psychologique important.

Mercredi à Genève, le secrétaire d’Etat adjoint américain pour l’Iran, John Limbert, qui fut l’un des otages de l’ambassade américaine de Téhéran en 1979, a par ailleurs jugé nécessaire d’avoir un vrai débat au Conseil des droits de l’homme, lundi prochain, sur les «mauvais traitements des détenus, la répression des manifestants et l’emprisonnement de journalistes et d’intellectuels.»