Le président Donald Trump a officiellement lancé la procédure de retrait des Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à l'épidémie due au coronavirus, ont indiqué mardi des responsables américains.

«Le Congrès a reçu la notification que le président a officiellement retiré les Etats-Unis de l'OMS en pleine pandémie», a confirmé sur Twitter Robert Menendez, membre démocrate de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères.

La notification sera effective au terme d'un délai d'un an, soit le 6 juillet 2021, ont précisé plusieurs responsables du gouvernement américain, plus gros contributeur de l'organisation onusienne. Elle a été envoyée au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, «qui est le dépositaire pour l'OMS», ont-ils dit. Les Nations unies ont également confirmé avoir reçu lundi la lettre de retrait américain.

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Une décision fustigée par la Fédération des scientifiques américains

Le porte-parole d'Antonio Guterres a précisé que les Etats-Unis, membres fondateurs de l'OMS en 1948, devaient remplir deux conditions pour se retirer de l'organisation: respecter un délai d'un an et être à jour dans leurs contributions.

L'annonce a été fustigée par la Fédération des scientifiques américains. Elle intervient «au moment où on a le plus besoin de coopération internationale» et ce retrait «ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le Covid-19», a-t-elle réagi.

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Et le candidat démocrate à la Maison-Blanche, Joe Biden, a assuré qu'il annulerait cette décision s'il était élu le 3 novembre. «Le premier jour de ma présidence, je rejoindrai l'OMS et réaffirmerai notre leadership mondial», a-t-il écrit sur Twitter. «Les Américains sont plus en sécurité quand l'Amérique s'engage pour renforcer la santé mondiale.»

Une collaboration poursuivie, sans les fonds

Le président américain avait annoncé fin mai «mettre fin à la relation» entre son pays et l'OMS, qu'il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète.

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Les Etats-Unis, qui apportent 15% du budget de l'agence onusienne et en sont de loin le premier bailleur de fonds, vont «rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent», avait-il déclaré à la presse.

La semaine dernière, un haut responsable américain de la santé avait toutefois assuré que les Etats-Unis continuaient de travailler au jour le jour avec l'OMS. «Je n'ai pas été rappelé, je n'ai reçu aucune instruction pour que je me retire», avait déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, et membre du conseil exécutif de l'OMS.