Les deux chambres du congrès des Etats-Unis ont échoué jeudi à prendre des mesures visant à mettre fin au «shutdown». Elles ont ajourné leurs travaux prolongeant ainsi la paralysie partielle des administrations fédérales américaines jusqu'à la semaine prochaine. Il s'agit du troisième «shutdown» de l'année. Les deux premiers ont été de courte durée.

Après une brève séance, dans des hémicycles quasi vides, le Sénat et la chambre des représentants n'ont rien entrepris pour rétablir les financements pour les quelque 20% des services gouvernementaux affectés par ce «shutdown», qui en était à son sixième jour jeudi.

Au coeur du blocage du budget figure le mur voulu par le président américain Donald Trump à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l'immigration clandestine. Le républicain exige cinq milliards de dollars pour le construire. Les démocrates refusent de le financer, mais ont proposé une enveloppe de plus d'un milliard pour d'autres mesures de sécurité à la frontière. Son coût total est estimé à 23 milliards de dollars.

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«Le président a dit clairement que tout projet de loi permettant de financer les activités du gouvernement devait financer, de manière appropriée, la sécurité aux frontières», a martelé jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.

La position des démocrates se renforce

L'examen d'une loi budgétaire reprendra au Sénat le mercredi 2 janvier. Les républicains sont majoritaires au congrès, mais avec 51 sièges au Sénat, ils ont besoin de soutiens démocrates pour atteindre les 60 voix sur 100 nécessaires afin d'approuver le budget.

«Ils ont peut-être les 10 votes au Sénat, mais nous avons le thème: la sécurité aux frontières. 2020!», a réagi Donald Trump après l'ajournement, en référence aux prochaines élections présidentielle et parlementaires américaines.

Chaque camp accuse l'autre de refuser de négocier. Or, à chaque jour qui passe, la position des démocrates se renforce. Ils prendront le contrôle de la chambre des représentants dès le 3 janvier, tandis que les républicains auront une majorité renforcée au Sénat (53).

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La sortie de crise pourrait au final passer par des nuances de langage et, ou, un accord sur une somme moins élevée. Le gouvernement restera paralysé jusqu'à «ce que nous ayons un mur, une barrière, peu importe comment ils veulent l'appeler», avait déclaré Donald Trump le 25 décembre.

800 000 employés fédéraux impactés

Même si le «shutdown» n'est cette fois que partiel, les conséquences se font sentir. Depuis vendredi minuit, de grands ministères comme la sécurité intérieure, qui gère justement la sécurité aux frontières, la police fédérale (FBI), les transports, le trésor ou l'intérieur, qui supervise les parcs nationaux, sont affectés.

Quelque 800 000 employés fédéraux sont touchés, dont la moitié est obligée de travailler pour des services jugés essentiels sans être pour l'instant payée, tandis que l'autre est au chômage forcé.

Plusieurs monuments et parcs sont fermés, des services d'information non essentiels ont été suspendus et des affaires judiciaires impliquant l'Etat fédéral sont perturbées.

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Dans la capitale, Washington, où vivent et travaillent de nombreux employés fédéraux, la ville déjà assoupie pour les fêtes de fin d'année marche au ralenti. Les tribunaux restent ouverts pour les procès, mais mauvaise nouvelle pour les amoureux: tous les mariages civils prévus à Washington ont été suspendus.