De Wilmington à Miami, en passant par Lynchburg, Savannah ou encore Atlanta, notre correspondante aux Etats-Unis a parcouru 6200 kilomètres et traversé 11 Etats à la rencontre de la population américaine sous l’ère Trump

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En plein soleil, un Sprite à la main, Nathan Knight s’époumone. L’homme en t-shirt rouge, salopette en jeans et chapeau mou tient une pancarte sur laquelle est écrit: «Etre Noir aux Etats-Unis ne devrait pas être un crime. Il est temps de mettre fin aux brutalités policières». Assis sur une place centrale d’Atlanta, à deux pas du siège de CNN, il harangue les passants. A quelques mètres de là, une manifestation pour dénoncer la mort de George Floyd vient de se terminer. Le visage de l’Afro-Américain mort asphyxié sous le genou d’un policier blanc le 25 mai à Minneapolis défile sur un immense panneau publicitaire.

«C’était mal connaître le Dr King»

Nathan Knight est originaire de Caroline du Nord, mais il vit à Atlanta. Il avait 11 ans quand son chemin a pour la première fois croisé celui de Martin Luther King. Il vendait des journaux sur un campus. Le révérend lui en a acheté trois exemplaires et il a pu garder la monnaie. C’était en 1958. Nathan Knight ne savait pas à qui il avait affaire, mais il a assisté à un de ses discours le jour même. Une révélation. Depuis, il est devenu un infatigable activiste. A 74 ans, il préside la Southern Christian Leadership Conference du comté de Dekalb, en Géorgie. Une organisation cofondée par Martin Luther King en 1957. Il ne cache pas sa fascination pour son mentor. «Un homme élégant, professionnel, spirituel, que beaucoup faisaient passer pour un fauteur de troubles. Même mes parents. C’était mal connaître le Dr King.»