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Le journaliste du Washington Post Jason Rezaian a été libéré samedi
© Vahid Salemi

Diplomatie

Etats-Unis-Iran: la libération de quatre Américains achève une folle semaine

Quatre Irano-Américains dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, devaient être libérés samedi dans le cadre d'un échange de prisonniers. Une nouvelle qui intervient peu avant que l'AIEA n'annonce la probable levée des sanctions contre l'Iran. Ce succès diplomatique sape la rhétorique des candidats républicains à la Maison-Blanche

«C'est un triomphe de la diplomatie.» Directeur de recherche au National Iranian American Council, Reza Marashi s'est félicité sur CNN samedi matin de la libération de quatre Irano-Américains détenus dans les prisons iraniennes. «Tout cela sans qu'un coup de feu ait été tiré.» La libération des quatre détenus fait partie d'un échange de prisonniers. En échange, sept Iraniens détenus aux Etats-Unis pour avoir violé le régime des sanctions, vont être remis à Téhéran.

Parmi les personnes libérées figure le journaliste du Washington Post Jason Rezaian, détenu depuis plus de 500 jours en Iran et condamné pour espionnage l'automne dernier alors qu'il a sans doute été un pion dans le bras de fer entre Washington et Téhéran depuis 2012.

Mardi, des marins américains arrêtés puis libérés

Pour l'administration de Barack Obama, cet épisode achève une semaine dramatique sur le front des relations entre l'Iran et les Etats-Unis, rompues sur le plan diplomatique depuis 1980. Mardi dernier, dix marins américains ont été interceptés par les forces navales des Gardiens de la révolution pour avoir violé les eaux territoriales iraniennes au large de l'île Farsi dans le golfe Persique. Vingt-quatre heures plus tard, après que les chefs de la diplomatie américaine et iranienne John Kerry et Mohammad Javad Zarif se sont entretenus pour désamorcer la crise, ils étaient libérés sains et saufs.

La levée des sanctions attendue ce week-end

L'échange de prisonnier intervient peu avant que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ne publie un rapport devant confirmer que Téhéran a bien pris toutes les mesures pour rétrograder son programme nucléaire afin que les Etats-Unis, les Nations unies et l'Union européenne puissent lever les sanctions contre la République islamique. A Vienne, beaucoup semblent avancer que le rapport de l'AIEA donnera le feu vert à la levée des sanctions qui ont coûté à l'économie iranienne plus de 100 milliards de dollars.

Lire: La levée des sanctions contre l'Iran sera effective ce week-end

La nouvelle de la libération de détenus américains aura aussi un impact sur le plan intérieur aux Etats-Unis. Les républicains n'ont cessé de tirer à boulets rouges sur l'accord de Vienne sur le programme nucléaire iranien, dénonçant notamment qu'il était «très mauvais » car il ne prévoyait pas la libération des prisonniers. Or comme l'ont souligné à plusieurs reprises la Maison-Blanche et le Département d’État, la question du nucléaire et celle des prisonniers étaient des problèmes qui ne pouvaient être traités dans la même négociation. Mais ils ont aussi précisé qu'ils ont soulevé la question des détenus à chaque session de négociations.

Lire: Cette Amérique prisonnière de «l'axe du mal»

Les candidats républicains à la Maison-Blanche, en particulier Donald Trump et Ted Cruz, qui mènent les sondages, ont tous deux fustigé la politique iranienne de l'administration Obama, relevant qu'elle ne faisait qu'affaiblir la première puissance mondiale. Or ce qui s'est passé cette semaine entre Washington et Téhéran est sans précédent depuis la révolution iranienne.

Bien que de nombreux différends demeurent et que les intérêts de l'Iran et des Etats-Unis sont parfois aux antipodes les uns des autres, quelque chose a changé. On n'en est pas au rétablissement des relations diplomatiques à l'image de ce qui s'est passé entre La Havane et Washington, mais la glace est en partie brisée. Interviewé par les médias, Mohammad Javad Zarif a été clair. Ce n'est pas par les sanctions, la peur et l'intimidation qu'on avance. C'est par le respect et la diplomatie.

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