Médecins sans frontières (MSF) suspend ses activités dans trois zones du centre et de l’est du Tigré, dans le nord de l’Ethiopie. L’ONG a demandé mercredi une investigation «immédiate» sur les meurtres il y a deux semaines de trois de ses collaborateurs.

MSF va en revanche continuer son assistance dans les autres régions du Tigré, où les violences se poursuivent malgré un cessez-le-feu unilatéral annoncé par le gouvernement fédéral. «Près de deux semaines après les meurtres de nos collègues, personne n’en a revendiqué la responsabilité», affirme la directrice des opérations de l’organisation.

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Les circonstances ne sont toujours pas claires, ajoute-t-elle. «En cette période difficile, nous avons pris la décision extrêmement douloureuse mais nécessaire de suspendre nos activités dans plusieurs régions du Tigré». Les trois collaborateurs tués, dont deux Ethiopiens, portaient des vêtements qui les identifiaient comme MSF et voyageaient dans un véhicule clairement balisé.

Ils œuvraient en dialogue et avec l’accord de toutes les parties, insiste encore l’ONG. Les violences «contre les civils et les atrocités commises au Tigré sont tout à fait choquantes», affirme la directrice des opérations.

Des travailleurs humanitaires visés

Depuis le début du conflit entre forces régionales et nationales dans le nord de l’Ethiopie, le personnel de santé et les travailleurs humanitaires ont été directement visés. Des centres de santé ont été détruits. Le personnel de MSF a été menacé et battu. Les ONG ont été mises en cause de manière «injustifiée» à plusieurs reprises par des déclarations de responsables, a dit encore l’organisation.

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Avant la suspension des activités dans trois régions du Tigré, MSF a donné du matériel médical au bureau régional de santé et à des hôpitaux. Depuis six mois, elle a soigné au total dans ces zones plusieurs milliers de personnes.