Patrimoine

En Ethiopie, la technologie au secours de la «nouvelle Jérusalem»

Une équipe de spécialistes franco-éthiopiens tente de préserver les églises éthiopiennes de Lalibela, un patrimoine unique au monde vieux de huit siècles

Au pied de l’église Amanuel, le drone de Colin Quentinet ne passe pas inaperçu. Le bruit de ses hélices résonne à plusieurs dizaines de mètres à la ronde. Sous le regard admiratif d’un enfant, ce bijou technologique photographie les murs rosés du lieu sacré, taillé en un bloc dans la roche à partir du XIIIe siècle. Comme lui, dix autres édifices ont été creusés sur les hauteurs de Lalibela, à 2600 mètres d’altitude. Classés en 1978 au Patrimoine mondial de l’Unesco, ces sanctuaires sont passés au peigne fin par des spécialistes français et éthiopiens qui cherchent à comprendre leur évolution pour mieux les protéger.

La population locale s’inquiète en effet de la préservation de ces symboles de la chrétienté, qui remonte, en Ethiopie, à la conversion du roi Ezana au IVe siècle ap. J.-C. Régulièrement, des milliers de pèlerins – le pays compte 45 millions d’orthodoxes selon le dernier recensement en 2007 – s’y rendent pour des célébrations. Mais ils redoutent de plus en plus l’accident. En 2008, des toits, financés par l’Union européenne, ont été posés au-dessus de cinq églises rupestres pour les abriter de la pluie et du soleil. «Quand ils les ont installés, ils nous ont promis de les retirer cinq ans plus tard mais cela fait plus de onze ans, déplore le diacre Arega Abebaw, la tête entourée d’un turban blanc, à la sortie de la messe. On a très peur que ces toits s’effondrent.» Derrière le trentenaire juché au-dessus de Medhanialem, où il officie, une foule de fidèles en habits blancs redescendent vers la ville de 20 000 habitants.