Des études, le sésame

Özden Ipek,

chef d’entreprise

La biographie exemplaire d’Özden Ipek renvoie au rêve américain, sauf qu’elle se déroule en Allemagne. C’est une histoire de volonté. Celle d’un fils d’immigrés anatoliens, père ouvrier, mère femme de ménage. Une famille de cinq personnes entassée sur 35 mètres carrés, sans toilettes, près de Münster. «Nous vivions dans un ghetto, entre Turcs. A 7 ans, je ne parlais pas un mot d’allemand», raconte Özden. «Mes parents ne pouvaient pas nous aider à l’école. Mais mon père savait qu’étudier était essentiel pour s’en sortir.» Pressions paternelles, raclées. Özden croche, entre au gymnase, décroche son bac puis aligne des petits jobs précaires pour se payer ses études d’économie et de communication. Jusqu’au jour où il réussit à monter sa propre société, Munyia, qui teste des programmes informatiques, emploie 22 personnes et fait un chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros.