Le gouvernement de Donald Trump durci les mesures d'entrée envers les étudiants étrangers. Ainsi, le gouvernement américain ne «donnera pas de visas aux étudiants inscrits dans des programmes intégralement en ligne à l'automne et les garde-frontières ne les laisseront pas entrer sur le territoire», a annoncé la police de l'immigration et des douanes (ICE) dans un communiqué.

Quant aux étudiants déjà présents sur le territoire américain, «ils doivent quitter le pays ou prendre d'autres mesures, comme s'inscrire dans une école avec des cours en personne pour conserver leur statut légal». Sinon ils pourront «faire face à une procédure d'expulsion.»

Lire la revue de presse: Y aura-t-il des étudiants sur les campus en septembre?

Quand les établissements opteront pour un modèle «hybride», ils devront certifier que leurs étudiants étrangers sont bien inscrits au maximum possible de cours en personne, afin que ceux-ci conservent leurs droits de séjour. Ces dérogations ne seront pas autorisées pour les études d'anglais ou des formations professionnelles.

Une incertitude pour les étudiants

«La cruauté de la Maison-Blanche ne connaît aucune limite», a immédiatement critiqué le sénateur Bernie Sanders, ancien prétendant à l'investiture démocrate pour la présidentielle du 3 novembre. «Les étudiants étrangers se retrouvent à devoir choisir entre risquer leur vie dans des salles de classe ou se faire expulser.»

«Le pire c'est l'incertitude», a confirmé à l'Agence France-presse (AFP) Gonzalo Fernández, un jeune Espagnol de 32 ans qui fait un doctorat en économie à l'université George Washington. «Nous ne savons pas si nous aurons des cours le semestre prochain, si nous devons rentrer chez nous ou s'ils vont nous mettre dehors...»

«Des recours en justice sont inévitables»

La mesure concerne les visas F1 (pour des études académiques) ou M1 (pour des formations professionnelles). Environ 1,2 million de personnes en étaient dotées en mars, dont une grande majorité d'Asiatiques (Chinois, Indiens, Coréens du Sud), selon les données officielles.

Lire également: Donald Trump gèle les cartes vertes et des visas de travail jusqu'en 2021

Comme le reste du pays, les universités américaines, qui comptent 5,5% d'étudiants étrangers en moyenne et dépendent grandement de leurs frais de scolarité, ont fermé leurs portes en mars et basculé vers un enseignement en ligne pour tenter d'endiguer la pandémie. Faute de vaccins, certaines, dont l'Université de l'Etat de Californie ou la prestigieuse université de Harvard, ont annoncé qu'ils poursuivraient avec des cours à 100% en ligne à la rentrée, même pour les étudiants autorisés à vivre sur les campus.

D'après Aaron Reichlin-Melnick, du think tank American Immigration council, la nouvelle règle est censée permettre aux étudiants de poursuivre leurs études depuis leur pays mais cela n'est pas réaliste, notamment en raison des difficultés de voyager ou du retard technologique de certains pays d'origine. «Des recours en justice sont inévitables», a-t-il prédit sur Twitter.