A Hongkong, les étudiants refusent le dialogue avec le gouvernement

Chine Les manifestants subissent démobilisation et agressions

Puisque l’«alerte orange» a été levée peu avant 22 heures vendredi, et que les pluies de l’orage attendu épargneront Hongkong, ce sera peut-être la mafia de Mong Kok qui fera rentrer chez eux les manifestants qui s’accrochaient encore à ce quartier de la ville. Alors que la police est accusée par les étudiants de ne pas intervenir suffisamment.

C’est la raison pour laquelle hier soir les responsables du mouvement estudiantin ont annoncé qu’ils n’avaient «d’autre option que d’annuler [leur participation] aux pourparlers» devant mettre un terme à près d’une semaine d’occupation de plusieurs axes et centres névralgiques de la mégalopole par les manifestants. «Le gouvernement et la police ont fermé les yeux lorsque les triades ont violemment attaqué les manifestants pacifiques», ont-ils justifié.

Les actions menées ont profité de la démobilisation constatée déjà le matin alors que des barricades ont été démontées au cours de la journée. En outre, les Hongkongais se sont mis à exprimer leur ras-le-bol. Comme cette sexagénaire, qui attend depuis «trop de temps» le bus pour aller à Central: «Au début, j’étais pour. Mais maintenant, cela suffit. Il y a trop de désordre, plus rien ne fonctionne. Qu’ils rentrent chez eux.» Les réseaux sociaux ont fait état de multiples altercations initiées par des Hongkongais voulant maintenant reprendre le travail. Tandis que sur Twitter, les pro-démocratie ont demandé aux manifestants de «ne pas porter leur masque, pour les distinguer des voyous anti-Occupy».

Manifestants divisés

Jeudi soir, CY Leung s’est présenté devant la presse, peu avant minuit, heure de l’ultimatum posé par les étudiants qui exigeaient sa démission. Il n’en a rien été. En revanche, le chef du gouvernement a accepté de dialoguer avec eux, indirectement. La numéro deux de l’exécutif, Carrie Lam, ira à leur rencontre.

Cette réunion avait été initialement acceptée sur le principe, y compris par les autres organisations protestataires Occupy Central et Scholarism. Aucune date n’avait cependant encore été fixée. Hier, la Fédération des étudiants avait déclaré au South China Morning Post vouloir une retransmission en direct à la télévision des discussions avec Carrie Lam. Ou que, au moins, la secrétaire générale du gouvernement vienne s’exprimer en public au Civic Square, place historique des manifestations.

Aucune autre stratégie n’avait été annoncée. Les organisations de manifestants ont surtout consacré leur temps à essayer de maintenir le calme parmi leurs troupes. Et à appeler au regroupement sur Admiralty, siège du gouvernement. Des divisions sont aussi apparues entre manifestants, certains acceptant que les fonctionnaires du gouvernement puissent retourner à leur bureau hier matin, avant qu’une heure plus tard d’autres, plus nombreux, viennent de nouveau tout bloquer.

Le baromètre du moral des milieux d’affaires est de son côté sorti du rouge pour passer au vert. Après deux séances de recul, lundi et mardi (mercredi et jeudi étant fériés), l’indice Hang Seng de la bourse de Hongkong a fini la séance sur un gain de 0,57%.