Les chauffeurs de taxi seront parmi les premiers à tâter les pièces et billets en euros que les particuliers les plus curieux auront retirés aux distributeurs automatiques, le 31 décembre sur le coup de minuit. En Belgique, la plupart d'entre eux affichent déjà un compteur en euros dans leur véhicule. Cela les oblige à recourir à une tabelle pour convertir le prix de la course en francs, qui reste pour l'heure le seul moyen de paiement légal. De quoi, théoriquement, mettre le client à l'abri des arnaques. Même si certains taximen n'hésitent pas à arrondir à la hausse la note de leurs clients distraits.

Tous les taxis ne seront cependant pas équipés d'un compteur en euros le 1er janvier. Sur les 3500 véhicules recensés dans le pays, seuls trois sur quatre seront en règle le jour J, selon une association professionnelle. Pourquoi ce retard? Le Ministère des affaires économiques, responsable de l'homologation des taximètres, constate que de nombreux exploitants ont traîné les pieds et reporté au dernier moment l'adaptation de leur équipement. Les professionnels, eux, mettent en cause le coût élevé de cette transformation: environ 150 euros (225 francs) si l'appareil peut être adapté, et quatre fois plus s'il faut en acheter un nouveau.

Le problème est que les voitures doivent obligatoirement être équipées d'un taximètre libellé en euros le 1er janvier. A défaut, elles ne pourront en principe pas circuler. Les chauffeurs pris en flagrant délit risquent une amende salée (jusqu'à 49 579 euros…) et la saisie de leur véhicule. Mais tout porte à croire que la police se montrera clémente dans les jours qui suivront le lancement de la monnaie européenne. Ne serait-ce que parce que les clients pourront de toute façon payer avec de bons vieux francs jusqu'à la fin février, en Belgique comme dans les autres pays de l'Euroland. Mais aussi parce qu'au début, euro ne rimera pas forcément avec affaires pour les taximen. En France, leur fédération a calculé qu'ils passeront deux minutes de plus avec chacun de leur client en raison du passage à la monnaie unique. Sur une journée de travail, cela représente 3% de leur chiffre d'affaires.