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Les controverses entre la Turquie et l'Europe sont vastes. En septembre, au moment de la photographie, le parlement européen dénonçait l'Etat de droit en Turquie.
© ADEM ALTAN

Europe

Les eurodéputés intransigeants face à la Turquie

Le Parlement européen a refusé jeudi de brader les règles européennes pour accorder la libre circulation aux citoyens turcs. Pour Ankara, l’exemption des visas est une question d’honneur

A moins d’une semaine de la publication du rapport sur le progrès accompli sur la question d’exemption de visa européen pour les citoyens turcs, le ton a été donné jeudi au Parlement européen. «La balle est dans le camp turc, a déclaré Frans Timmermans, vice-président de la Commission. Nous avons fixé 72 critères, nous verrons s’ils arrivent à les remplir.» Homme fort de l’exécutif européen, il a toutefois rappelé que l’UE se trouve dans cette situation délicate parce que les Etats n’ont pas assumé leur responsabilité dans l’accueil des réfugiés. «Sans un accord avec la Turquie, la Grèce allait se transformer en un vaste camp de réfugiés», a-t-il déclaré.

A l’unanimité, les différents groupes parlementaires ont fait comprendre qu’il n’était pas question de brader les règles européennes pour faire plaisir à la Turquie. Au nom des conservateurs, premier groupe parlementaire, Manfred Weber a déclaré que l’Union est tenue de respecter l’accord du 18 mars sur la gestion commune de la crise des réfugiés et dont l’un des volets porte sur l’exemption des visas pour les Turcs à partir du 1er juillet 2016. «Mais ce n’est pas une raison de diluer nos règles, a-t-il dit. Ce principe s’applique à la Turquie comme tout autre pays avec qui nous négocions cette facilité.»

Lire aussi: Promesse de libéraliser le régime de visas pour les Turcs: Ankara se méfie de l’UE

Pour Gianni Pittella, chef du groupe socialiste, la Turquie est certes un partenaire. «Mais il ne saurait être question de marchander la libéralisation des visas contre l’exigence du pluralisme politique et du respect des minorités en Turquie», a-t-il insisté. Le Parlement européen aura le dernier mot sur le sujet.

Le nombre de réfugiés transitant par la Turquie a diminué depuis le 18 mars dernier

Les négociations pour la libéralisation des visas de courte durée – nonante jours renouvelable après cent quatre-vingts jours – pour les citoyens turcs ont commencé en 2013. Les procédures ont été accélérées dans le cadre de l’accord de 18 mars dernier quand Ankara s’est engagé à endiguer le flot des réfugiés allant vers l’Europe à partir de son territoire. Le pays accueille 3 millions de Syriens, Irakiens et Afghans qui fuient la guerre. L’an dernier, 1,2 million de réfugiés sont arrivés en Europe en transitant par la Turquie. Depuis la mise en œuvre de l’accord, le nombre a diminué de façon spectaculaire.

«Cette mesure est d’une importance vitale pour la Turquie»

C’est dans ce contexte que le rapport sur les progrès accomplis pour satisfaire les 72 critères sera publié le mercredi prochain. Ces derniers concernent entre autres la sécurité des documents de voyage, dont l’introduction d’un passeport biométrique et la réadmission de migrants illégaux. Selon un diplomate européen, 52 critères avaient été remplis il y a deux semaines.

Lire aussi: La Turquie veut son exemption de visas, l'UE le respect de l'accord migratoire

Le gouvernement turc a fait de la libéralisation des visas une question d’honneur. Tant le président Recep Tayyip Erdogan que le premier ministre Ahmet Davutoglu ne cessent de surenchérir sur le sujet, menaçant à chaque occasion de ne plus respecter l’accord du 18 mars si les Européens ne tenaient pas leur engagement. «Cette mesure est d’une importance vitale pour la Turquie», a encore répété le premier ministre turc samedi devant Donald Tusk, président du Conseil européen, la chancelière allemande Angela Merkel et Frans Timmermans, vice-président de la Commission.

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