«L’avenir de l’Europe se joue ici», a déclaré la première ministre italienne, lors d’une conférence de presse. «L’immigration irrégulière est un défi européen qui a besoin d’une réponse européenne», a renchéri Ursula von der Leyen, appelant «les Etats membres à accueillir» des migrants débarqués en Italie. Devant la presse, la présidente de la Commission européenne a présenté un plan d’aide en 10 points, destiné à gérer la situation présente, à mieux répartir les demandeurs entre les pays européens et à prévenir la répétition d’épisodes d’arrivées massives qui mettent sous forte tension les capacités logistiques et administratives de la péninsule.
It is very important for me to be in Lampedusa today.
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) September 17, 2023
I'm here to offer a coordinated response by the Italian and European authorities.
I would like to present to you a 10 point action plan ↓ https://t.co/p1KorMPEh4
A Lampedusa, le système de gestion des arrivées s’est vite retrouvé au bord de l’asphyxie. Si des transferts ont débuté vendredi pour soulager les structures d’accueil de l’île, la Croix-Rouge italienne (CRI) qui gère le «hotspot» a indiqué dimanche que 1500 migrants s’y trouvaient encore, pour une capacité de 400 personnes, leur départ vers la Sicile et le continent ne compensant pas complètement les nouvelles arrivées.
Augmenter les retours et faciliter les transferts
Le plan d’aide présenté par Ursula von der Leyen est censé conjuguer fermeté à l’encontre des passeurs et facilitation des voies légales d’entrée dans l’espace européen pour les candidats éligibles à l’asile.
Bruxelles entend d’abord renforcer l’assistance à l’Italie de l’Agence de l’Union européenne pour l’asile et l’agence de garde-côtes et de gardes-frontières de l’UE, Frontex, afin d’assurer l’enregistrement des migrants, la prise d’empreintes, les entretiens, etc. Frontex, et d’autres agences, devront aussi intensifier la surveillance des mers et «étudier les options pour étendre ses missions navales en Méditerranée».
Ensuite, la commission souhaite aussi faciliter le transfert des personnes arrivées à Lampedusa - qui sont généralement conduites par bateaux en Sicile ou sur le continent - y compris vers d’autres pays européens. «Nous exhortons les autres Etats membres à utiliser le mécanisme de solidarité volontaire», a déclaré Ursula von der Leyen, sans mentionner l’Allemagne qui a récemment décidé de ne plus recevoir de migrants arrivés en Italie.
Le plan prévoit également d’améliorer le dialogue avec les principaux pays d’émigration sur cette route en vue de la réadmission de leurs citoyens qui ne rempliraient pas les conditions d’asile, en particulier la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso.
Campagnes de sensibilisation
L’UE a signé en juillet un partenariat avec la Tunisie destiné à faire baisser les arrivées de migrants sur les côtes italiennes en échange d’une aide financière. Ursula von der Leyen a estimé dimanche que l’UE devait accélérer le versement de cette aide à Tunis et Giorgia Meloni a évoqué l’hypothèse d’une aide européenne pour aider le pays à boucler son budget alors même que le Fonds monétaire international conditionne l’octroi d’un crédit de 1,9 milliard de dollars à l’adoption de réformes que rejette le président Kais Saied.
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Enfin la commission souhaite «accroître les campagnes de sensibilisation et de communication pour dissuader les traversées de la Méditerranée» tout en «continuant à travailler pour offrir des alternatives comme l’admission humanitaire et les voies légales» d’immigration.
Un total de plus de 127 000 migrants a débarqué sur les côtes italiennes depuis le début de l’année, près du double par rapport à la même période en 2022.