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Suella Braverman, la paradoxale «Cruella» du Royaume-Uni

La ministre britannique de l’Intérieur dénonce «l’invasion» de migrants et veut les déporter au Rwanda. Ses propres parents sont pourtant immigrés; mais cette conservatrice assumée n'est pas à un paradoxe près

Suella Braverman à Londres, à la sortie d’une séance du gouvernement britannique, le 18 avril dernier. — © Daneil Leal/AFP
Suella Braverman à Londres, à la sortie d’une séance du gouvernement britannique, le 18 avril dernier. — © Daneil Leal/AFP

Le 15 juin 2015, la jeune députée de 35 ans Suella Braverman, récemment élue, se lève pour la première fois à la Chambre des communes. Comme le veut la tradition, elle évoque dans son premier discours des souvenirs personnels. Elle choisit de parler de son père, qui a fui la persécution en venant au Royaume-Uni: «Un matin froid de février 1968, un jeune homme qui n’avait pas encore 21 ans est sorti d’un avion à l’aéroport de Heathrow, pliant nerveusement son billet aller simple depuis le Kenya. Il n’avait pas de famille, pas d’ami et tenait serré dans ses mains son bien le plus précieux: son passeport britannique.»

Est-ce bien la même Suella Braverman qui est huit ans plus tard ministre de l’Intérieur britannique et dénonce à la même Chambre des communes «l’invasion sur notre côte sud» des migrants qui traversent la Manche en bateau? Elle encore qui est régulièrement surnommée «Cruella» sur les réseaux sociaux? Elle toujours qui assume avec entrain que son «rêve» est de voir la manchette des journaux annonçant que les migrants qui arrivent sur les côtes britanniques sont désormais déportés au Rwanda (la mise en pratique de cette politique est pour l’instant bloquée par un jugement de la Cour européenne des droits de l’homme)?

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