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BRUSSELS, BELGIUM - OCTOBER 20: Britain's Prime Minister Theresa May holds a press conference on the second day of European Council meetings at the Council of the European Union building on October 20, 2017 in Brussels, Belgium. Britain's Prime…

Brexit

Les Européens donnent un peu d’air à Theresa May

Les Européens sont prêts à préparer l’avenir de leur relation avec Londres mais demandent à la première ministre britannique de leur préciser en décembre les engagements financiers de son pays

Bien loin des règlements de comptes et petites phrases assassines par médias interposés, les Européens ont donné hier à Bruxelles un signe encourageant de leur volonté de parvenir à un accord avec Londres sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, prévu en théorie en mars 2019. Ils ont en effet lâché un peu de lest sur la préparation des négociations concernant la future relation commerciale qui liera les deux blocs.

Officiellement, la première phase du divorce n’est pas réglée: sur chacun des trois grands principes passés au crible, à savoir les droits des citoyens européens et britanniques après mars 2019, la question de l’Irlande et de l’Irlande du Nord ainsi que la «facture de départ», des progrès sont encore nécessaires.

Atmosphère de «confiance et de bonne volonté»

Le négociateur de l’UE, le Français Michel Barnier, n’a d’ailleurs cessé de le répéter ces derniers temps, parlant même d’«impasse» totale sur la question du règlement financier. Vendredi à Bruxelles, aucun miracle n’était donc attendu et il n’était pas question de passer à la phase des discussions commerciales avec Londres.

Pour autant, cette rencontre a permis de recréer une atmosphère de «confiance et de bonne volonté», a commenté le président du Conseil européen, Donald Tusk. Tous l’ont reconnu: le discours de Theresa May à Florence le 22 septembre a créé une vraie dynamique et l’objectif est clairement de ne pas compliquer la vie de la dirigeante britannique. Les Européens ont d’ailleurs considéré que les négociations, même insuffisantes, avaient donné lieu à des progrès substantiels.

Promesse renouvelée

Ce qu’ils attendent concrètement? Que Theresa May leur fournisse d’ici à décembre des précisions sur la façon dont elle compte honorer ses engagements financiers, comme elle l’avait dit à Florence, en promettant alors à ses partenaires qu’ils ne paieraient pas un sou de plus ni ne perdraient moins du fait du Brexit.

A Bruxelles, elle a renouvelé cette promesse et indiqué que son gouvernement allait se positionner ligne par ligne sur ces engagements à honorer. Un exercice qu’elle devra donc avoir terminé pour le sommet européen de la mi-décembre. En échange, les Européens vont plancher sur les contours de cette future relation commerciale ainsi que sur la période de transition demandée à Florence. «Une idée intéressante», a jugé Angela Merkel. Si Londres fait son travail, ils seront alors prêts en décembre à passer à la phase des relations commerciales et à confier un second mandat à Michel Barnier.

Rapports conflictuels «exagérés» dans les médias

Tout va donc pour le mieux entre les deux partenaires? Pour Donald Tusk, les rapports conflictuels décrits dans les médias «ont été exagérés». Mais les Européens n’ont pourtant aucune garantie à ce jour que tout sera prêt en décembre et le calendrier reste toujours aussi serré, le divorce devant être acté en octobre 2018 en théorie. «Nous ne sommes pas confiants, nous l’espérons», avait ainsi résumé en milieu de semaine un haut diplomate.

Sur les droits des citoyens et la question irlandaise, les deux parties semblent penser que les progrès seront suffisants en décembre. C’est donc essentiellement sur la facture que Londres sera attendue.

L’argent de Londres fait l’unité

Un sujet pécuniaire qui cimente d’ailleurs l’unité des Etats membres, personne ne voulant payer plus ou perdre des fonds. Même si leurs vues, entre eux ou avec la Commission, connaissent quelques nuances. Ainsi le premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, a-t-il indiqué hier que Londres n’aurait pas forcément à venir avec des chiffres précis en décembre mais au moins une méthode de calcul claire. D’autres pays pourraient, eux, exiger des chiffres plus fermes.

Dans leurs discours aussi, les positions varient. Pour certains pays, comme le Luxembourg justement, il était important de donner hier cette «ouverture» à Theresa May. Mais pour le président français, Emmanuel Macron, il n’est en aucun cas question de faire quelque «concession» que ce soit au Royaume-Uni.

Il faut bien dire que certains pays peuvent aussi se réjouir de voir le Royaume-Uni dans une telle difficulté

C’est d’ailleurs la France, avec l’Allemagne, qui avait tenté la semaine dernière de restreindre le message donné à Londres et de ne pas inscrire noir sur blanc que les Européens se préparaient aux négociations commerciales. Une ligne dure en façade qui n’avait pas été soutenue par les autres délégations.

«Il faut bien dire que certains pays peuvent aussi se réjouir de voir le Royaume-Uni dans une telle difficulté», observait de son côté il y a quelques jours un diplomate d’un pays voisin de la France et de l’Allemagne, estimant aussi que la ligne stricte et pointilleuse du «bad cop» Michel Barnier pouvait agacer. «Mais à un moment donné il faut aussi pouvoir avancer.»

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