Elle sait sa position contraire au manuel du parfait politicien, mais qu’importe. Eva Joly a été claire, vendredi, lors d’une conférence de presse sur les remèdes écologistes à la crise: si elle est présidente, elle augmentera les impôts pour les plus aisés et introduira une taxation des dividendes et des bonus versés par les banques. «L’austérité n’est pas une fatalité, le sacrifice des services publics non plus, il y a un autre chemin.»

L’écologiste s’est engagée à respecter les critères d’endettement prévus par le Traité de Maastricht (3% du PIB), mais pas dans le délai prévu: «La conjoncture est tellement incertaine que prendre l’engagement d’atteindre ces 3% en 2013 n’est pas raisonnable.» Pour diminuer la dette française de 60 milliards d’euros, elle entend dégager 20 milliards durant trois ans. Une partie de cette somme serait récupérée sur la fraude fiscale, à laquelle l’ancienne juge anti-corruption promet de s’attaquer sans concession.