Un campement de plus de 3000 migrants dans le nord-est de Paris, entre les stations de métro Jaurès et Stalingrad, a commencé à être évacué dans le calme vendredi matin. Plusieurs centaines d'hommes ont été regroupés peu avant 6 heures. 

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Des bus devaient ensuite les emmener dans la matinée vers des centres d'hébergement en Ile-de-France. Quelque 80 cars ont été réquisitionnés pour l'opération, a rapporté la préfecture de la région parisienne.

L'arrivée du premier bus vers 6h10 est saluée par des cris de joie. «Je n'ai aucune idée, où l'on va. A Paris, à côté... Cela me va. L'important pour moi, c'est d'avoir des papiers. Cela fait un mois que j'étais ici dans une tente. C'est bien de partir», se réjouit Khalid, 28 ans.

Des victimes collatérales du démantèlement de Calais

Abderrahmane, un Guinéen de 19 ans, est lui un peu inquiet: «On emmène les gens où? A Paris ou en province? A 15 heures, j'ai un rendez-vous à la préfecture». Un premier bus chargé de migrants a quitté le campement vers 6h20, a constaté une journaliste de l'AFP.

Malgré les opérations successives, le campement s’était reconstitué rapidement au cours des dernières semaines, disséminés sur plusieurs centaines de mètres, sous le métro, près du canal Saint-Martin et surtout sur le terre-plein de l’avenue de Flandres. Il a vu sa population exploser dans la foulée du démantèlement de la «jungle» de Calais. 

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Six mille migrants avaient été évacués de la «jungle» et répartis dans quelque 450 centres d'accueil à travers le pays. Les derniers abris ont été détruits lundi. Le gouvernement a toutefois réfuté la thèse de vases communicants entre les deux lieux.