Comment évalue-t-on le nombre de morts et de disparus lors d'un séisme? Selon le professeur honoraire de l'Université de Genève et membre de la Commission extraparlementaire pour les dangers naturels Jean-Jacques Wagner, il faut prendre en compte la magnitude sur l'échelle de Richter, la profondeur de la secousse. Le travail d'estimation se base sur des lois empiriques établies sur la base de tremblements de terre précédents. Les simulations informatiques prennent en compte la qualité et le type dominant de constructions dans la zone touchée, la densité des habitations et de population. A cet effet, si elles sont détaillées, les images satellitaires peuvent être très utiles. Il importe aussi de déterminer si le séisme a eu lieu de jour ou de nuit.

«Pour obtenir des fourchettes plus ou moins précises, il faut agir très vite, relève Jean-Jacques Wagner. L'accès à de très bonnes bases de données, telles que celle du US Geological Survey aux Etats-Unis, est nécessaire. Elles permettent de produire des cartes des intensités sismiques qu'on va croiser avec d'autres cartes indiquant la densité de population.» Quant à la capacité chinoise de prévention, le professeur relève que Shanghai, par exemple, dispose d'un centre de simulation des structures. «Mais le problème, c'est de mettre en œuvre leurs recommandations. Dans une région de 1,5 milliard d'habitants, ce n'est pas facile.»