L’essentiel

  • La Russie et l’Ukraine se sont accusés mutuellement dimanche d’avoir bombardé la centrale nucléaire de Zaporijjia, située dans le sud ukrainien et occupée militairement par l’armée russe.
  • L’Ukraine a nié dimanche que ses soldats aient tué des prisonniers de guerre russes, répondant ainsi aux accusations russes de «crime de guerre», sur la foi de vidéos diffusées en ligne.
  • Le Royaume-Uni a annoncé une nouvelle aide de 50 millions de livres en faveur de Kiev.

Washington dénonce des «crimes de guerre systémiques»

La Russie s’est livrée à des «crimes de guerre systémiques» partout où elle a déployé des troupes en Ukraine, accuse une haute responsable américaine, se disant confiante qu’à terme les responsables russes pourront en rendre compte devant la justice. «Nous disposons de preuves qui s’accumulent démontrant que cette agression [l’invasion russe] s’est accompagnée de crimes de guerre systémiques commis dans toutes les régions où les forces russes ont été déployées», déclare Beth Van Schaack, diplomate chargée de la justice pénale internationale au département d’Etat, citant des exécutions sommaires, cas de torture ou de traitements inhumains ou encore le déplacement contraint de personnes et d’enfants.

«Lorsque vous constatez de tels actes systémiques, y compris la mise en place d’un vaste réseau de déplacements contraints, il est très difficile d’imaginer que ces crimes aient pu être commis sans que la responsabilité en incombe au plus haut de la chaîne de commandement», à savoir le président russe Vladimir Poutine, a-t-elle dit. Les propos de la diplomate interviennent peu après que le parquet général ukrainien a annoncé avoir trouvé quatre «sites de torture» utilisés par les Russes à Kherson avant leur retraite forcée de la région il y a une dizaine de jours.

La responsable, qui a évoqué un «nouveau Nuremberg» – en référence aux procès des responsables nazis après la Seconde Guerre mondiale – s’est dite confiante dans le fait que les enquêtes menées actuellement, au sein de la Cour pénale internationale par exemple, puissent aboutir à des mises en accusation en temps voulu. La CPI a ouvert une enquête sur la guerre en Ukraine peu après l’invasion menée par la Russie le 24 février dernier, et une équipe commune d’enquête européenne sur les crimes présumés commis dans ce pays a également été mise en place par la Lituanie, la Pologne et l’Ukraine avec le soutien de l’agence judiciaire européenne Eurojust.

Nord Stream 2: la justice polonaise annule une amende contre Gazprom

Un tribunal polonais a annulé l’amende de 6,2 milliards d’euros infligée en 2020 au géant russe Gazprom par l’office national de la concurrence polonais, UOKiK, pour la construction du gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie et l’Allemagne. «Nous allons faire appel de ce jugement», a averti le président de l’office, Tomasz Chrostny. L’UOKiK se dit «surpris» de cette décision.

L’office reprochait à Gazprom et à cinq autres sociétés – des entreprises occidentales – engagées dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 d’avoir créé une coentreprise sans son accord. Mais le tribunal a lui estimé que ces sociétés n’avaient pas créé de coentreprise, rapporte Tomasz Chrostny.

«Le projet n’a pas été mis en œuvre par une coentreprise, mais par une filiale de Gazprom avec un financement par emprunt», avait affirmé le géant gazier russe en 2020.

Les cinq sociétés occidentales – le groupe français Engie Energy, l’allemand Uniper, l’autrichien OMV, l’anglo-néerlandais Shell et l’allemand Wintershall – avaient été condamnées à une amende globale de 234 millions de zlotys, soit 52 millions de francs.

Selon Tomasz Chrostny, le tribunal polonais a en outre estimé que l’office n’avait pas la compétence pour statuer sur les effets du gazoduc sur l’économie. «Les menaces que nous avons évoquées lorsque nous avons annoncé notre décision [en 2020] sont clairement visibles aujourd’hui, pas seulement en Pologne, mais à travers toute l’Europe», argumente-t-il dans un communiqué. Le gazoduc est aujourd’hui hors service. Avec le gazoduc Nord Stream 1, Nord Stream 2 a été touché fin septembre par des explosions, qui ont entraîné des fuites de gaz en mer Baltique. Vendredi, le procureur chargé de l’enquête préliminaire menée en Suède a assuré qu’il s’agissait d’un sabotage.

Relire, en septembre: Des fuites et explosions renforcent les soupçons de sabotage des gazoducs Nord Stream

Avant même la guerre en Ukraine, Nord Stream était contesté par la Pologne, les Etats baltes et les Etats-Unis, qui craignaient que ce gazoduc n’augmente la dépendance énergétique de l’Europe vis-à-vis de la Russie et ne devienne un moyen de pression pour Moscou. Construit en parallèle au gazoduc Nord Stream 1, le pipeline Nord Stream 2 était destiné à doubler la capacité d’importation de gaz russe en Allemagne. Mais sa mise en service imminente a été suspendue, en représailles contre l’invasion de l’Ukraine par Moscou.

Le Luxembourg livre du matériel supplémentaire en Ukraine

Le ministre de la Défense luxembourgeois, François Bausch, a annoncé sur Twitter la livraison de véhicules à roues polyvalents à haute mobilité – dits HMMWV – à l’armée ukrainienne.

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L’OMS met en garde contre un hiver «menaçant la vie» de millions de personnes en Ukraine

Après une série de frappes russes dévastatrices sur les infrastructures énergétiques du pays, l’organisation mondiale de la santé prévient que cet hiver menacera la vie de millions d’Ukrainiens.

«Cet hiver mettra en danger la vie de millions de personnes en Ukraine, déclare Hans Kluge, le directeur régional de l’OMS pour l’Europe. Pour faire simple, cet hiver sera une question de survie».

«Menaces» sur la centrale de Zaporijjia: Emmanuel Macron appelle Volodymyr Zelensky

Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky sur fond de «menaces» persistantes ciblant la centrale nucléaire de Zaporijjia – de nouveau bombardée ce week-end.

«J’étais avec le président Zelensky pour un appel urgent», a ainsi déclaré le chef de l’Etat français lors de la conférence internationale de soutien à la Moldavie. Il a expliqué cet appel par «le contexte qui continue d’être très difficile», avec «les bombardements qu’a encore subis l’Ukraine, les menaces qui pèsent sur la centrale de Zaporijjia.»

«A chaque victoire militaire de l’Ukraine, la reconquête de la région de Kharkiv comme la reprise de Kherson, la Russie réagit par de nouveaux bombardements des infrastructures essentielles de l’Ukraine.»

Emmanuel Macron s’était entretenu dimanche avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (ou AIEA), Rafael Grossi, sur la situation de la centrale ukrainienne que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’avoir bombardée. L’Elysée avait alors précisé que le président français s’entretiendrait dans la foulée avec son homologue ukrainien.

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L’assemblée parlementaire de l’OTAN reconnaît la Russie comme un Etat terroriste

L’Assemblée parlementaire de l’OTAN reconnaît la Russie comme un Etat terroriste et appelle à la création d’un tribunal international. «La délégation ukrainienne était soutenue par les 30 pays membres», précise le média biélorusse Nexta sur Twitter.

L'Allemagne va fournir à la Pologne un système de défense anti-aérien Patriot

Le gouvernement allemand a proposé à Varsovie de lui fournir un système de défense anti-aérien Patriot, après la chute meurtrière d'un missile en Pologne la semaine dernière. «Nous avons proposé d'aider la Pologne à sécuriser son espace aérien avec nos (avions) Eurofighter et nos systèmes de défense aérienne Patriot», a déclaré la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, dans une interview au quotidien Rheinische Post. Deux personnes ont été tuées la semaine dernière par un missile tombé sur le village polonais de Przewodow, à proximité de la frontière ukrainienne.

Varsovie et l'Otan ont indiqué que l'explosion avait probablement été causée par un missile de défense ukrainien, mais que c'était Moscou qui, in fine, était responsable du déclenchement du conflit. L'Allemagne avait dès le lendemain proposé à la Pologne de la soutenir avec des patrouilles aériennes. «J'ai accueilli la proposition allemande avec satisfaction», a réagi lundi sur Twitter le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, à propos du système de missile sol-air Patriot de conception américaine.

«Lors de ma conversation téléphonique avec la partie allemande aujourd'hui, je proposerai que le système soit stationné près de la frontière avec l'Ukraine», a-t-il ajouté. Des unités antiaériennes allemandes Patriot sont déjà déployées en Slovaquie. Berlin entend les y maintenir «jusqu'à la fin de 2023 et potentiellement même au-delà», a précisé Christine Lambrecht.

Le point sur Zaporijjia, la centrale sous la menace constante d’un accident nucléaire

Des bombardements en série, des coupures électriques à répétition, un personnel ukrainien sous pression: la centrale de Zaporijjia, située dans le sud de l’Ukraine et occupée par l’armée russe, vit sous la menace constante d’une catastrophe nucléaire.

  • Quel est l’état de la centrale?

Après une première frayeur lors de la prise du site par Moscou le 4 mars, la situation s’est nettement dégradée début août. Les frappes, dont Moscou et Kiev s’accusent mutuellement, se succèdent dans cette zone proche de la ligne de front. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a fini par installer des experts sur place, a signalé «une bonne douzaine» de tirs ce week-end. Un état des lieux est prévu aujourd’hui. Des dégâts ont d’ores et déjà été recensés en divers endroits, en particulier là «où se trouvent des combustibles frais et usés», selon Rafael Grossi, à la tête de l’AIEA.

  • Quels sont les risques?

«L’impact direct (d’un missile) sur les réacteurs et les équipements adjacents, en particulier là où est entreposé le combustible usé, pourrait avoir de sérieuses conséquences», soulignait en septembre Rafael Grossi. Les six unités de conception soviétique de la centrale, la plus grande d’Europe, ont pour l’heure été épargnées. Elles sont protégées par «des enceintes de confinement plutôt robustes», explique à l’AFP le consultant Tariq Rauf, un ancien responsable de l’AIEA, «mais naturellement, elles n’ont pas été conçues pour résister à une guerre». L’autre risque est celui d’une coupure de courant prolongée.

  • Un scénario extrême

L’électricité est essentielle pour faire tourner les pompes assurant la circulation d’eau. Car il faut constamment refroidir le combustible des coeurs des réacteurs ainsi que celui placé dans les piscines d’entreposage. «Une défaillance prolongée du refroidissement conduirait à un accident de fusion du combustible et à des rejets radioactifs dans l’environnement», souligne l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Un scénario similaire à ce qui s’est passé en mars 2011 à Fukushima au Japon mais «la perte d’alimentation électrique avait alors été très rapide du fait du tsunami qui a mis hors service les générateurs de secours», note sa directrice générale Karine Herviou. Dans le cas de Zaporijjia, on disposerait de davantage de temps. A noter que les réacteurs du site, qui produisait avant la guerre environ un cinquième de l’électricité ukrainienne, ont tous été mis à l’arrêt.

  • L’occupation russe

La centrale est gérée par l’opérateur ukrainien Energoatom, mais elle est occupée par les Russes qui l’ont officiellement annexée début octobre et y disposent de soldats et véhicules. «C’est une situation unique» a averti Rafael Grossi. D’autant plus que le centre de crise a été accaparé par les forces russes. «Cet élément nous interroge sur la capacité à faire face à une situation accidentelle grave», confie Karine Herviou. Le cas échéant, «ce lieu est indispensable pour que les équipes ukrainiennes puissent suivre l’état des installations, prendre les mesures qui s’imposent pour limiter les conséquences de l’accident, demander des renforts externes, alerter les populations».

Les employés vivent par ailleurs dans un «stress constant», pointe l’AIEA. Le patron d’Energoatom, Petro Kotine, avait dénoncé en septembre auprès de l’AFP des exactions perpétrées par les Russes sur le personnel, évoquant des tortures, meurtres et enlèvements. Moscou a systématiquement démenti.

L’Ukraine dit avoir découvert quatre «sites de torture» utilisés par les Russes à Kherson 

Le parquet général ukrainien a annoncé lundi avoir découvert quatre «sites de torture» utilisés par les Russes à Kherson lors de leur occupation de cette ville du sud de l’Ukraine jusqu’à sa reprise par les troupes de Kiev le 11 novembre. «À Kherson, les procureurs continuent d’établir les crimes de la Russie: des sites de torture ont été établis dans quatre bâtiments», a indiqué le parquet ukrainien sur Telegram.

Selon le parquet, les enquêteurs ukrainiens se sont rendus dans «quatre» immeubles, notamment des «centres de détention provisoire» d’avant-guerre, «où, lors de la prise de la ville, les occupants ont illégalement détenu des personnes et les ont brutalement torturées». «Des morceaux de matraques en caoutchouc, une batte en bois, un appareil utilisé par les occupants pour électrocuter les civils, une lampe à incandescence et des balles (…) ont été saisis», a ajouté la même source, dix jours après la reprise de Kherson par l’armée ukrainienne. «Les travaux visant à établir les lieux des chambres de torture et de détention illégaux de personnes se poursuivent», a affirmé le parquet général ukrainien, précisant vouloir également «identifier toutes les victimes».

Depuis la libération de Kherson le 11 novembre, Kiev a dénoncé à plusieurs reprises les «crimes de guerre» et les «atrocités» russes dans la région de Kherson. Moscou n’a, à ce stade, pas réagi à ces accusations.

Lire aussi: «Vous n’imaginez pas ce qu’on a enduré»: à Kherson, un vent de liberté

Exécutions présumées en Ukraine: Moscou veut «retrouver et punir» les coupables

Le Kremlin a promis de châtier les responsables de la mort d’un groupe de soldats russes en Ukraine, dénoncée par Moscou comme une exécution, alors que Kiev affirme que ces militaires ont été tués après une fausse reddition. La Russie a accusé vendredi l’Ukraine d’avoir exécuté plus de dix de ses militaires qui avaient déposé les armes, sur la foi de vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

«Naturellement la Russie va rechercher elle-même ceux qui ont commis ce crime. Ils doivent être retrouvés et punis», a déclaré aujourd’hui à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Il a ajouté que Moscou se tournera à cette fin vers des instances internationales, «si cela peut être utile». Dimanche, le chargé des droits de l’Homme ukrainien, Dmytro Loubynets, déclarait que les vidéos montraient une «reddition feinte» et que les soldats russes avaient «commis un crime de guerre en ouvrant le feu sur les forces armées ukrainiennes». Les militaires russes tués dans cet incident «ne peuvent donc pas être considérés comme des prisonniers de guerre», avait-il fait valoir.

Conférence à Paris sur le soutien à la Moldavie, victime de la guerre en Ukraine

Paris accueille aujourd’hui une conférence internationale de soutien à la Moldavie avec l’objectif immédiat de lui apporter une aide d’urgence pour traverser l’hiver tout en accompagnant le pays sur la voie d’une adhésion à l’Union européenne. La Moldavie, petit pays de 2,6 millions d’habitants candidat depuis fin juin à l’entrée dans l’UE, est voisine de l’Ukraine. Et elle subit de plein fouet les conséquences de la guerre, en particulier sur le plan énergétique alors que la compagnie russe Gazprom a réduit de moitié ses exportations de gaz vers Chisinau.

La «plateforme internationale de soutien à la Moldavie» a été lancée à l’initiative de l’Allemagne, de la France et de la Roumanie. Deux éditions se sont déjà déroulées, la première à Berlin en mars, la seconde à Bucarest en juillet. Mais cette troisième réunion revêt une importance particulière avec l’arrivée de l’hiver et «le chantage au gaz russe», résume une source diplomatique française.

«La Russie a coupé une bonne partie du gaz qu’elle livrait habituellement à la Moldavie et, par ailleurs, les exportations d’électricité en provenance d’Ukraine ne sont plus possibles du fait des bombardements sur les infrastructures ukrainiennes», a rappelé la ministre française des affaires étrangères Catherine Colonna. De plus, la Moldavie n’a pas de capacité de stockage de gaz.

La capacité défensive et offensive russe «entravée» par de «graves pénuries» de munitions et de personnel qualifié, selon la défense britannique

Dans son bulletin d’information, le ministère de la défense britannique est revenu sur les sept derniers jours du conflit en Ukraine. Il note que des échanges d’artillerie intenses se sont poursuivis autour du secteur de Svatove, dans l’oblast de Louhansk, au nord-est de l’Ukraine. Selon le ministère, les dirigeants russes considèrent très probablement que le maintien du contrôle de cette région importante est une priorité politique.

«Comme sur d’autres parties du front, les forces russes continuent de donner la priorité à la construction de positions défensives, presque certainement occupées en partie par des réservistes mobilisés mal entraînés», note le ministère dans sa note publiée sur Twitter. «La capacité défensive et offensive russe continue d’être entravée par de graves pénuries de munitions et de personnel qualifié.»

Vladimir Poutine félicite Kassym-Jomart Tokaïev pour sa victoire «convaincante» à la présidence du Kazakhstan

Le président russe Vladimir Poutine a salué lundi la victoire de son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, réélu la veille dans ce pays d’Asie centrale, allié traditionnel de Moscou mais qui a pris certaines distances depuis l’invasion de l’Ukraine.

«Vous avez reçu une preuve de confiance convaincante de vos compatriotes» a indiqué Vladimir Poutine, cité dans un communiqué du Kremlin, assurant que le «partenariat stratégique» et l’alliance entre Astana et Moscou «progressaient avec un succès remarquable».

Le chef de l'AIEA dénonce des tirs «ciblés» sur la centrale nucléaire de Zaporijjia

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dénoncé hier des tirs «délibérés et ciblés» contre la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, appelant à «arrêter cette folie». La Russie et l'Ukraine se sont à nouveau accusées mutuellement dimanche d'avoir bombardé cette centrale nucléaire située dans le Sud ukrainien et occupée militairement par l'armée russe.

Kiev a en outre démenti avoir exécuté plusieurs soldats russes qui s'y étaient rendus. «Des explosions ont eu lieu sur le site de cette centrale nucléaire majeure, ce qui est complètement inacceptable», a déclaré Rafael Grossi, dans un entretien à la chaîne française BFMTV. «Qui que ce soit, cela doit s'arrêter immédiatement», a exhorté le chef de l'AIEA, en insistant: «Les gens qui font ça savent où ils frappent. C'est absolument délibéré, ciblé».

Depuis plusieurs mois, Moscou et Kiev s'accusent mutuellement de bombardements sur le site, proche de la ligne de front. «Une bonne douzaine» de frappes ont ciblé la centrale ce week-end, de samedi à dimanche, dont certaines ont été constatées par des experts de l'AIEA, a indiqué l'Agence dans un communiqué. Son responsable a jugé la situation «gravissime», sans en attribuer la responsabilité aux forces russes ou ukrainiennes. «La centrale est sur la ligne de front, il y a des activités militaires très difficiles à cerner, il y a des effectifs russes et des effectifs ukrainiens en opération», a rappelé Rafael Grossi.

L’Ukraine nie l’exécution de prisonniers russes par ses forces

Le chargé des droits de l’Homme au Parlement ukrainien a nié que les forces de Kiev aient tué des prisonniers de guerre russes. Le médiateur Dmytro Loubynets a déclaré que des «extraits de la vidéo» – présentée par Moscou comme la preuve que Kiev a exécuté des soldats russes qui s’étaient rendus – montraient en fait que les Russes «utilisant une reddition feinte… ont commis un crime de guerre en ouvrant le feu sur les forces armées ukrainiennes». Les soldats russes tués dans cet incident «ne peuvent donc pas être considérés comme des prisonniers de guerre», a-t-il ajouté sur Telegram. «Ceux qui veulent utiliser la protection de la législation internationale pour tuer doivent être punis», a-t-il encore dit.

La Russie a accusé vendredi l’Ukraine d’avoir exécuté plus de dix de ses militaires qui avaient déposé les armes, dénonçant un «crime de guerre», sur la foi de vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux.