La pression était devenue trop forte. Une réaction s’imposait de toute urgence. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé mercredi à New York avoir demandé à une institution indépendante d’examiner les méthodes du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Les graves erreurs commises par ces spécialistes dans leur 4e rapport, daté de 2007, de même que la légèreté de certaines de leurs pratiques, dénoncées depuis plusieurs mois par la presse, requéraient une reprise en main énergique. C’est désormais chose faite.

Ban Ki-moon a tenu à réaffirmer sa conviction qu’un changement climatique était en cours et que l’homme y contribuait «de manière significative». Mais il a déploré que le 4e rapport du GIEC ait été entaché par «un petit nombre d’erreurs». Ce qui lui a paru très dommageable étant donné l’importance du problème et la nécessité pour les dirigeants du monde de disposer à son sujet de «la meilleure science possible». Pour relancer le groupe d’experts sur de meilleures bases, il a demandé à une institution indépendante et de haut niveau, l’InterAcademy Council (IAC), de procéder à l’examen.

L’IAC a été créé en mai 2000 à l’initiative des académies des sciences de nombreux pays. Doté d’un secrétariat basé aux Pays-Bas, il possède pour mission de fournir à de grandes organisations publiques comme l’ONU et la Banque mondiale des conseils de haut niveau sur des dossiers scientifiques, technologiques et médicaux particulièrement complexes et importants.

Une demi-heure après la déclaration de Ban Ki-moon, l’un des coprésidents de l’IAC, Robbert ­Dijkgraaf, a tenu une conférence de presse pour détailler le travail qui attend son organisation. Il a insisté sur le fait qu’il s’agirait non pas de condamner quelques errements passés mais de préparer l’avenir en améliorant les performances du GIEC.

De nombreux problèmes

Dans quels domaines? La liste est longue. Qualité des informations publiées, validité des sources utilisées, traitement des opinions divergentes, procédures de correction des erreurs, conflit d’intérêt: tous les problèmes apparus ces derniers mois ont été énumérés comme en un réquisitoire. Un train de réformes sera recommandé dans un rapport, qui sera rendu au mois d’août à Ban Ki-moon, qui le transmettra alors aux Etats, qui pourront y apporter quelques modifications, avant de le laisser, en octobre, aux bons soins de la prochaine assemblée générale du GIEC.

La procédure annoncée mercredi constitue un revers sérieux pour l’organisation et pour son président Rajendra Pachauri. Elle consacre tout à la fois la gravité de la crise et l’inaptitude du groupe d’experts à y faire face par ses propres moyens.