Philippines

Des experts suisses démineront l’île de Mindanao

L’ONU a annoncé ce jeudi le financement de l’opération, organisée suite à l’accord de paix entre rebelles et gouvernement. L’île de Mindanao (sud des Philippines), truffée de munitions non explosées, servait de base aux rebelles du Front moro islamique de libération. Jungle, sables mouvants et tremblements de terre fréquents rendent le terrain très difficile, explique Valeria Fabbroni, cheffe des opérations de la Fondation suisse de déminage

Cette mesure, annoncée ce jeudi par l’ONU, est permise par l’accord de paix du 7 octobre entre le gouvernement et les rebelles du Front moro islamique de libération (FMIL). L’Union européenne finance l’opération pour un montant de 700 000 dollars.

50 locaux formés par deux experts suisses

«Le projet est prévu sur 12 mois», a déclaré au Temps Valeria Fabbroni, cheffe des opérations de la Fondation suisse de déminage (FSD). Deux experts suisses du FSD commenceront par récolter des informations sur les régions à déminer et former une équipe de 50 philippins, constituée pour moitié de membres du FMIL.

«La récolte d’information se fait notamment auprès de la population et en coordination avec le CICR», précise Valeria Fabbroni. Elle doit permettre de cartographier l’emplacement des champs de bataille à déminer. Cette phase de récolte d’information durera probablement de quatre à cinq mois. Les deux experts de la FSD sont sur place depuis septembre, mais l’ONG, fondée en 1997 à Genève, travaille sur la Philippine depuis 2002.

Un terrain «très difficile»

«La jungle et les sables mouvants rendent le terrain très difficile», explique Valeria Fabbroni. «De plus, la région est touchée par de fréquents tremblements de terre.» Des dizaines de personnes ont été tuées par des engins non explosés, tirés tant par les rebelles que par les troupes gouvernementales, essentiellement des roquettes et des obus de mortier. La guérilla a fait plus de 150 000 tués depuis 1978.

Selon l’accord de paix du 7 octobre, officialisé le 15 octobre, le FMIL, constitué de 12 000 combattants, renoncerait à l’indépendance du sud en échange de la création d’une région musulmane semi-autonome dans une partie de Mindanao, dont le nom serait Bangsamoro.

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