La Suisse n'a pas levé pour sa part l'embargo sur le bœuf britannique et la décision de l'Union européenne est sans effet sur les mesures d'interdiction qui continuent à frapper les exportations helvétiques. Le bœuf suisse continue d'être mis à l'index par pratiquement tous les pays de l'Union européenne et au total par une quarantaine d'Etats à travers le monde depuis que l'Allemagne a décrété la première un embargo en 1996. L'Union européenne n'y est pour rien, ces mesures ayant été prises individuellement par les Etats membres. La solution passe néanmoins par Bruxelles. Berne espère en effet trouver un accord global avec l'Union européenne, qui puisse servir de base à des négociations bilatérales ultérieures avec les Etats membres.

L'Union européenne a demandé à tous les pays intéressés à l'exportation de bœuf, y compris ses membres, de déposer un dossier descriptif de sa situation en matière de vache folle et des mesures prises pour la combattre. Berne a envoyé son dossier à l'automne passé. L'avantage sera que la Suisse sera placée, comme les autres Etats, dans une catégorie fondée sur des critères uniformes et surtout scientifiques plutôt que politiques, dans la liste des pays à risques que va élaborer l'UE. Berne espère que Bruxelles reconnaîtra les progrès accomplis, notamment en ce qui concerne la traçabilité des animaux, et placera la Suisse dans la catégorie des pays à faibles risques.

La situation ne devrait pas être débloquée pour autant. La décision de l'Union européenne devrait constituer un argument pour débloquer la situation lors de négociations bilatérales avec chacun des Etats membres. La Suisse n'exporte que très peu de viande de bœuf et l'embargo décrété à son endroit ne nuit guère qu'aux exportations de viande séchée. Le problème se pose surtout pour les exportations de bétail sur pied. La Suisse exportait annuellement quelque 12 000 têtes de bétail, en premier lieu en Allemagne et en Italie, avant le début de l'épidémie d'ESB et la perte de ces débouchés a été durement ressentie par les producteurs, sur un marché déjà déprimé. Ces derniers devront encore patienter. L'Office vétérinaire fédéral ne s'attend guère à obtenir un résultat avant le printemps prochain.

D.S. M.