Les extrémistes ont annoncé leur intention de marcher à partir de 16h00 suisses «jusqu’aux portes du mont du Temple», nom donné par les juifs à l’esplanade des Mosquées, un peu plus de 24 heures après y avoir provoqué de violents affrontements. Les heurts déclenchés par la visite d’une centaine d’extrémistes juifs sur le troisième lieu saint de l’islam ont marqué mercredi le début d’un vif accès de fièvre.

Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville annexée et occupée par Israël, est en proie depuis l’été à des troubles qui se sont intensifiés au cours des dernières semaines et au cœur desquels se trouve l’esplanade des Mosquées.

Dans ce contexte, l’appel à la marche est susceptible d’échauffer encore les esprits, même si des mesures ont été prises. L’esplanade sera fermée aux non-musulmans à cette heure et il est peu probable que les policiers laissent les extrémistes juifs en approcher.

Plusieurs incidents: un tué et des blessés

Mais, dans le climat actuel, les termes de l’appel ne peuvent qu’être perçus comme une provocation supplémentaire par des musulmans exaspérés. «Nous voulons un véritable Etat juif. Nous voulons voir le Temple (reconstruit) sur le mont du Temple. Nous voulons voir Jérusalem reconstruite», proclame l’affiche du rassemblement.

Des jeunes Palestiniens y ont affronté les policiers israéliens mercredis et, fait rare, ces derniers sont entrés de plusieurs mètres à l’intérieur d’Al-Aqsa. Quelques heures plus tard, un Palestinien a foncé sur des passants et tué un policier avec son véhicule avant d’être abattu.

Dans la soirée, un autre chauffeur palestinien l’a imité contre un groupe de soldats israéliens près de la colonie de Goush Etzion, en Cisjordanie occupée. Trois soldats ont été blessés, dont un se trouve dans un état critique. Le chauffeur s’est rendu jeudi. C’était la troisième attaque du genre en deux semaines.

Les affrontements qui se sont propagés mercredi à plusieurs quartiers de Jérusalem-Est ont continué dans la nuit. La police a dressé des barrages dans plusieurs quartiers et déployé des forces supplémentaires aux principaux carrefours, a constaté un photographe de l’AFP.