Le ministère allemand de la Défense a soulevé des inquiétudes concernant l’achat prévu de chasseurs américains F-35. Ces inquiétudes sont liées à des «délais et coûts additionnels» éventuels pour cette commande de près de dix milliards d’euros.

Berlin avait annoncé en mars l’achat de 35 exemplaires de cet avion, au côté de 15 Eurofighter, pour remplacer une partie de sa flotte vieillissante de chasseurs Tornado. Un choix lié à la guerre en Ukraine, avait alors expliqué Berlin en disant continuer à miser à plus long terme sur l’avion de combat européen (SCAF). La Suisse a choisi le même avion.

Mais le ministère de la Défense soulève des inquiétudes, selon un courrier classifié adressé à la commission parlementaire du budget, dont l’agence de presse AFP a pris connaissance. Les facteurs de risque tiennent au travail de mise à niveau des terrains d’aviation nécessaire pour accueillir les F-35 ainsi qu’aux exigences de sécurité et aux problèmes éventuels pour l’approbation des opérations de vol.

Une réunion d’urgence lundi

Un porte-parole du ministère de la Défense a assuré qu’il y aurait «une coopération étroite» avec le parlement et une «clarification» de ces questions. Une rencontre d’urgence est prévue lundi au ministère de la Défense, avec la participation de membres de la commission du budget appartenant aux trois partis de la coalition gouvernementale, selon des sources parlementaires. La commission doit en principe approuver le 14 décembre une première tranche de financement pour le projet.

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Une base aérienne à adapter

Le document a été préparé pour la commission par le ministère des Finances sur la base d’évaluations du ministère de la Défense. Selon lui, il existe des doutes sur la capacité d’achever d’ici 2026 et le début de la livraison des chasseurs les travaux nécessaires sur la base aérienne de Büchel (ouest) censée les accueillir.

Le calendrier actuel est «extrêmement ambitieux», souligne le document. En outre, les exigences de sécurité imposées par les Etats-Unis sont complexes, ce qui pourrait ajouter des délais et des coûts supplémentaires.

Il existe également un risque que les approbations des opérations de vol des F-35 en Allemagne ne puissent être obtenues dans les temps faute de disposer des documents nécessaires, estime-t-il encore. Cela signifierait que les vols pourraient n’être opérés qu’avec des restrictions.

Hausse des coûts de production

Le document cite d’autres facteurs qui pourraient provoquer des coûts supplémentaires, comme l’inflation, les fluctuations des taux de change entre le dollar et l’euro ou la hausse des coûts de production.

Les coûts de ces avions doivent être financés à partir d’une enveloppe exceptionnelle de 100 milliards d’euros annoncée pour moderniser son armée par l’Allemagne fin février après l’invasion russe en Ukraine. Le chancelier Olaf Scholz a déclaré la semaine dernière vouloir finaliser d’ici la fin de l’année en cours le contrat pour les F-35, considéré comme l’avion de chasse actuellement le plus performant.

Le même appareil que l’emplette des Suisses

Le F-35 est aussi l’appareil choisi par la Suisse. La Confédération achètera 36 avions de combat pour un montant total de 6,035 milliards de francs. Les avions américains doivent être livrés à partir de 2027 jusqu’en 2030 et remplaceront la flotte actuelle de F/A-18 Hornet et de F-5 Tiger.

Le parlement a approuvé le crédit d’engagement le 15 septembre. Le contrat d’acquisition a été signé quelques jours plus tard par la Confédération. Les facteurs de risque tiennent au travail de mise à niveau des terrains d’aviation nécessaire pour accueillir les F-35 ainsi qu’aux exigences de sécurité et aux problèmes éventuels pour l’approbation des opérations de vol.

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