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Nicolas Dupont-Aignan à Yerres le 23 avril 2017.
© AFP

France

Face au Front national, la droite française se déchire

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, apporte son soutien à Marine Le Pen. Conséquence, plusieurs membres de son parti claquent la porte. Le front républicain est plus fissuré que jamais

C'est un retournement radical. A neuf jours du second tour de la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé vendredi soir sur France 2 qu'il soutenait Marine Le Pen. Le Front national convoitait les électeurs du candidat de Debout la France, qui a obtenu 4,7% des suffrages au premier tour de la présidentielle.

Consulter notre dossier sur l'élection présidentielle française.

Nicolas Dupont-Aignan justifie ce ralliement par la signature d'un accord avec le parti d'extrême droite. «Nous avons beaucoup discuté cette semaine, j’ai pris mon temps. Nous avons signé un accord de gouvernement avec une évolution de son programme, avec des éclaircissements et des ajouts de mon programme», a-t-il déclaré.

Il s'en est pris à l'autre finaliste du second tour. «Je pense que Macron est un Hollande puissance dix et que tout est fait pour l’imposer à la tête de notre pays. Tous ceux qui ont échoué en France depuis trente ans sont avec Emmanuel Macron.»

Lire aussi:  Le Front national ou une stratégie de confrontation risquée

Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen ont officialisé samedi leur entente lors d'une conférence de presse commune. «Nicolas Dupont-Aignan est un patriote sincère et exigent. Il a montré qu'il était capable de sortir du confort des positions installées». La prétendante à l'Elysée le nommera premier ministre si elle est élue. Aux côtés de Marine Le Pen, le candidat souverainiste a lancé un appel aux électeurs pour qu'ils rejoignent «l'union des patriotes».

Changement radical

Celui qui se revendique du gaullisme avait pourtant repoussé les assauts du Front national à plusieurs reprises. En février dernier, il affirmait vouloir rester sur sa ligne. «Ses appels me laissent indifférent. Je ne répondrai à aucune sollicitation», avait-il alors déclaré dans une interview au Point. Avant d'ajouter: «Il y a eu des propos qui ont évolué, c'est bien, mais l'arrière-boutique ne correspond pas à la vitrine et son programme n'est pas sérieux.» Il juge désormais que Marine Le Pen «n'est pas d'extrême droite».

Une prise de parole qui divise au sein même de son parti. Plusieurs membres de Debout la France ont annoncé dans la soirée leur démission. Le vice-président du mouvement, Dominique Jamet, a annoncé sur Twitter qu’il quittait le parti. Tout comme Eric Anceaux, le responsable du projet.

Des cadres du mouvement ont toutefois confirmé leur soutien au député de l'Essonne. «Nicolas Dupont-Aignan est un homme honnête et droit. J’ai confiance en lui et je continue bien évidemment à le soutenir», a assuré Nicolas Calbrix, délégué national du parti.

«A cette droite-là, je ne laisserai jamais la France»

Emmanuel Macron a ironisé sur cette alliance, rappelant qu'avec 4,7% des suffrages exprimés Nicolas Dupont-Aignan n'avait pas franchi le seuil fatidique pour le remboursement des frais de campagne, fixé à 5%. «Depuis ce soir, Nicolas Dupont-Aignan est clair. Il manifeste, sans doute les finances d’une campagne présidentielle aidant, la nécessité de s’adosser à un autre parti», a-t-il déclaré devant ses supporters à Châtellerault, dans le centre de la France.

Il a poursuivi sur un ton plus grave: «Il y aura durablement une droite réactionnaire qui veut la fin de l’Europe et qui est fascinée par le nationalisme (…) Et à cette droite-là, je ne laisserai jamais la France.»

Allié à Emmanuel Macron, le centriste François Bayrou fustige également le choix du souverainiste.

«Faute politique et morale»

Ce rapprochement fait des remous dans l'ensemble de la classe politique. Jean-François Copé a condamné «une immense faute politique et morale». «Le gaullisme et l'extrême droite sont totalement antinomique, totalement contradictoire. On ne peut pas se réclamer de l'un et soutenir l'autre», a déclaré le député-maire de Meaux (Les Républicains) au micro d'Europe 1.

Les ténors de la droite se déchirent sur l'attitude à adopter. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, appelle à faire battre le Front national, tout en laissant les électeurs libres de voter blanc ou de s'abstenir. Une abstention qui pourrait profiter à Marine Le Pen. L'aile modérée du parti ne décolère pas. Alain Juppé a vivement réagi sur Twitter: «Voter blanc, c'est donner sa chance au FN. Assez de finasserie! Pour battre MLP, il n'y a qu'une solution: voter Macron.»

Il est rejoint par le maire de Tourcoing Gérald Darmanin. «Imagine-t-on le général de Gaulle s'abstenir face à Pétain?», interroge celui qui pourrait briguer la présidence des Républicains. Valérie Pécresse appelle, elle, à l'exclusion de «tous ceux qui comme Christine Boutin appellent à voter pour le FN. C’est une ligne rouge que l’on ne peut pas franchir». 

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