«L’Histoire a montré que les sociétés sont plus harmonieuses, qu’elles prospèrent davantage et que le monde est plus juste quand les droits et les responsabilités de tous les pays et de tous les peuples sont respectés», a déclaré Barack Obama au cours d’une cérémonie d’accueil en grande pompe.

Le dirigeant américain, qui rencontre Hu Jintao pour la huitième fois en deux ans, a aussi espéré que cette visite jetterait les bases de 30 années de coopération entre Washington et Pékin. Il a assuré que les Etats-Unis et la Chine, dont les relations se sont tendues l’année passée, en particulier sur les questions monétaires, avaient un «intérêt énorme» à réussir mutuellement.

Mise en garde voilée

De son côté, a affirmé Hu Jintao, depuis que le président Obama a pris ses fonctions il y a deux ans, «notre coopération dans de nombreux secteurs a produit des résultats fructueux et nos relations sont parvenues à réaliser de nouveaux progrès». Mais il a aussi formulé une mise en garde voilée à Washington, en remarquant que «la Chine et les Etats-Unis devraient respecter leurs choix respectifs de développement et les intérêts primordiaux de chacun».

Juteux contrats

Alors que les deux dirigeants se retrouvaient dans le Bureau ovale pour une rencontre en tête-à-tête, les Etats-Unis ont dévoilé les premiers fruits de cette visite: la signature par la Chine de contrats évalués à 45 milliards de dollars avec des entreprises américaines, dont une commande de 200 avions Boeing d’une valeur totale estimée à 19 milliards. A la mi-journée, Barack Obama et Hu Jintao devaient d’ailleurs rencontrer ensemble de grands patrons américains, parmi lesquels ceux de Boeing, Microsoft, Goldman Sachs, Motorola, General Electric, Coca-Cola ou encore Dow.

Les deux dirigeants participeront vers 19 heures (heure suisse) à une conférence de presse et en soirée, les délégations se retrouveront pour un dîner d’Etat, dont la liste des invités et le menu étaient encore gardés jalousement secrets mercredi matin.

Partenaire économique incontournable

En deux ans de présidence Obama, seules deux visites d’Etat avaient jusqu’ici été organisées, en l’honneur de l’Inde et du Mexique. Celle de Hu Jintao se révèle riche en enjeux, Pékin étant devenu ces dernières années un concurrent, mais aussi un partenaire économique impossible à ignorer pour les Etats-Unis. L’anémie de la reprise américaine contraste de façon frappante avec le dynamisme de la Chine, qui aurait enregistré une croissance de 10,3% de son produit intérieur brut (PIB) en 2010.

D’autres sujets de discorde entre les Etats-Unis et la Chine pourraient être mentionnés mercredi: la question tibétaine, les revendications maritimes de Pékin face à des alliés américains, la restriction par la Chine des exportations de minerais stratégiques ou encore les ventes d’armes américaines à Taïwan.

Un «dictateur»

Invitée, sur la chaîne ABC, à dire si les deux géants du début du XXIe siècle étaient amis ou ennemis, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a expliqué que «si nous déroulons le tapis rouge pour le président Hu Jintao, c’est qu’il nous semble que nous pourrons mieux répondre à cette question en avançant». «Mon espoir est que nous ayons une relation normale», a-t-elle ajouté. Le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid a pour sa part laissé transparaître la méfiance que bon nombre d’Américains éprouvent envers la Chine en qualifiant Hu Jintao de «dictateur», avant de se rétracter.