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Face à Israël, la Russie renforce la défense antiaérienne syrienne

Une semaine après des tirs mortels sur un avion russe, l’armée russe va livrer des batteries antiaériennes et des brouilleurs à la Syrie. Pour «refroidir les têtes brûlées», sur fond de tensions croissantes avec Israël

La Russie a annoncé lundi renforcer la défense antiaérienne de son allié syrien à la suite de la destruction par erreur d'un avion russe, provoquée selon le Kremlin par les actes «prémédités» d'Israël, au risque d'aggraver la crise avec l'Etat hébreu.

Une semaine après la destruction de l'Iliouchine-20 de l'armée russe au-dessus de la Méditerranée par la défense antiaérienne syrienne, qui a fait 15 morts, le Kremlin a durci son discours, au départ plutôt conciliant, contre Israël qui bombardait alors la zone et qui n'a pas ménagé ses efforts depuis pour convaincre Moscou de sa bonne foi. Le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a, dans une déclaration télévisée, détaillé les mesures décidées par Moscou, qui renforcent nettement les capacités de défense du régime de Bachar al-Assad.

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«Empêcher des actes irréfléchis»

«Nous sommes convaincus que la mise en place de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats», a averti Sergueï Choïgou. «Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée face à la situation».

D'ici à deux semaines, l'armée syrienne va recevoir des batteries antiaériennes S-300, dont la livraison décidée en 2010 était justement retardée en raison de l'opposition d'Israël, avec qui la Russie entretient de bonnes relations. Ces systèmes «sont capables d'intercepter des appareils sur une distance de plus de 250 kilomètres et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs», a insisté Sergueï Choïgou.

Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim, dans l'ouest.

Un dispositif de brouillage

Par ailleurs, «la navigation par satellite, les radars de bord et les systèmes de communication d'avions militaires attaquant des cibles sur le territoire syrien seront neutralisés par brouillage électronique dans les zones adjacentes à la Syrie en mer Méditerranée», a indiqué Sergueï Choïgou.

Vladimir Poutine a informé Bachar al-Assad de ces mesures lors du premier entretien téléphonique entre les deux présidents depuis la destruction de l'avion.


La démonstration de la complexité du conflit

Ces tensions témoignent de la manière dont le conflit syrien s'est complexifié depuis son éclatement en 2011, impliquant désormais de nombreuses puissances aux intérêts parfois contraires, des Occidentaux aux Iraniens en passant par la Turquie.

Moscou reproche à Israël, dont les missiles visaient alors des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié (nord-ouest), de ne l'avoir prévenue qu'une minute avant les frappes et accuse les pilotes israéliens de s'être servis de l'Il-20 comme «boucliers» contre les missiles syriens.

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L'armée israélienne a nié la version russe, assurant dimanche que ses avions ne «s'étaient pas cachés derrière un quelconque appareil et que les appareils israéliens se trouvaient dans l'espace (aérien) israélien au moment où l'avion russe a été abattu».

Israël a multiplié en Syrie les bombardements contre des positions gouvernementales, des convois d'armes destinées selon lui au Hezbollah, et de manière intensifiée ces derniers mois contre des cibles iraniennes. Israël reste techniquement en guerre avec la Syrie.

 

L'armée russe intervient en Syrie depuis septembre 2015 en soutien au régime de Bachar al-Assad, ce qui lui a permis de reprendre le contrôle d'une grande partie du territoire.

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