De nouveaux cas de coronavirus continuent de surgir à Pékin: plus de 300 depuis le 22 avril dont 59 samedi, la plus forte hausse en une journée. Les autorités ont introduit de nouvelles restrictions, mais sans procéder à un confinement complet. Il est ainsi interdit de manger dans les restaurants jusqu’à mercredi. A partir de jeudi, la preuve d’un test négatif au cours de la semaine précédente sera nécessaire pour accéder aux espaces publics, y compris les transports en commun. Enfin, l’Universal Beijing Resort, l’une des principales attractions touristiques de la capitale, a été fermé.

Ces décisions sont intervenues à l’orée du week-end prolongé de la Fête du travail. Elles font suite à l’obligation de trois séries de tests pour la quasi-totalité des 22 millions d’habitants de Pékin et à la décision prise jeudi 28 de fermer les écoles, sans préciser la date de leur réouverture. Mais contrairement à d’autres villes chinoises – dont le centre économique de Shenzhen, dans le sud du pays – qui ont fermé leurs portes après avoir détecté quelques cas seulement, Pékin a continué à ne boucler que certains bâtiments ou quartiers. De nombreux habitants sont toujours libres de se déplacer dans la ville.

Shanghai, confinée depuis presque un mois, reste également soumise aux mesures les plus strictes. La capitale économique a enregistré 10 100 cas au cours des dernières 24 heures, soit la quasi-totalité des 10 700 nouveaux cas positifs à travers tout le pays.

A ce propos, lire aussi: A Shanghai, un confinement sans fin

Face au variant Omicron, hautement contagieux, les autorités chinoises ont renforcé leur politique zéro covid, en procédant à des dépistages massifs et des confinements dès l’apparition des premiers cas.

Taïwan se démarque

«Nous ne confinerons pas le pays et les villes aussi cruellement que la Chine», a déclaré de son côté le premier ministre de Taïwan Su Tseng-chang. L’île a pourtant enregistré pour la première fois depuis le début de la pandémie plus de 10 000 nouveaux cas jeudi 28 avril, au moment où le gouvernement a abandonné sa stratégie «zéro covid» et a décidé de vivre avec le virus. Dimanche 1er mai, ce chiffre est monté à 16 936 cas.

Lire également: Taïwan ne confinera pas «cruellement» sa population comme en Chine

Taïwan a conservé pendant les deux premières années de pandémie un faible taux de contamination grâce à une fermeture des frontières et des règles strictes de quarantaine. Les infections reprennent désormais, mais les dirigeants ont annoncé qu’ils suivraient l’exemple de Singapour, de l’Australie ou de la Nouvelle-Zélande, qui sont passés d’une stratégie de «zéro covid» à l’acceptation d’une hausse des cas. Près de 80% de la population de l’île ont reçu deux doses de vaccin et 58% ont reçu un rappel. Depuis le début de la pandémie, Taïwan a recensé 132 955 cas et 868 morts, pour une population de près de 24 millions d’habitants.

Avec ce changement de politique à Taïwan, la Chine reste la seule grande économie à rester fidèle à une stratégie draconienne d’élimination du covid avec des confinements douloureux.