Conséquence de la sécheresse chronique qui sévit dans l'ouest des Etats-Unis, le gouvernement fédéral a décrété, lundi, pour la première fois de l'histoire des restrictions d'eau touchant le lac Mead, plus important réservoir artificiel du pays, alimenté par le fleuve Colorado.

L'agence chargée de la gestion des ressources en eau vient de publier ses prévisions pour les 24 mois à venir et les perspectives sont très préoccupantes: d'ici la fin de l'année, le lac Mead, gigantesque réservoir accolé au barrage Hoover Dam près de Las Vegas, aura atteint son niveau le plus bas depuis sa création dans les années 1930.

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Egalement alimenté par le Colorado, le lac Powell, deuxième réservoir des Etats-Unis, a atteint récemment son niveau le plus bas jamais enregistré, à seulement quelque 32% de taux de remplissage.

Des restrictions qui pourraient s'étendre

Par conséquent, les autorités fédérales ont annoncé qu'elles procéderaient à des restrictions l'an prochain pour les Etats situés en aval du lac Mead, ce qui aura un impact pour des millions de consommateurs, notamment les exploitants agricoles. L'Arizona recevra ainsi environ 18% d'eau en moins par rapport à une année normale, le Nevada 7% de moins et le Mexique, où le Colorado finit sa course, 5% de moins.

Les zones situées en aval du lac pourraient également connaître des restrictions si la situation continue à se dégrader trop rapidement.

«Comme une grande partie de l'Ouest (américain) et dans nos bassins fluviaux interconnectés, le Colorado doit faire face à des défis sans précédent et qui vont en s'accélérant», souligne dans un communiqué Tanya Trujillo, une responsable de l'agence fédérale des ressources en eau. «La seule façon de répondre à ces défis et au changement climatique est d'employer les meilleures connaissances scientifiques et de travailler ensemble.»

Une pénurie d'eau crainte

Selon une étude publiée l'an dernier par l'agence géologique américaine (USGS), le débit du fleuve Colorado a baissé en moyenne de 20% depuis un siècle, et au moins la moitié de cette baisse peut être attribuée à l'élévation des températures dans la zone.

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«Au niveau mondial, 800 millions de personnes risquent de vivre une pénurie d'eau chronique en raison de la sécheresse provoquée par un réchauffement de +2°C», selon un projet de rapport des experts climat de l'ONU (Giec) obtenu en juin dernier par l'AFP.

En raison des gaz à effet de serre générés par les activités humaines, principalement par les énergies fossiles, la planète a déjà gagné environ 1,1°C depuis l'ère pré-industrielle. La plus grande partie de ce réchauffement s'est produit ces 50 dernières années.