Après l’auto-célébration de Xi Jinping lundi, place mardi à l’auto-évaluation d’Angela Merkel. Pour faire le bilan de sa gestion de crise, la chancelière adopte l’approche qui est devenue sa marque de fabrique: l’énumération factuelle, presque clinique. Quels sont les points forts de l’Allemagne face au virus? «L’engagement des citoyens, c’est notre plus précieux trésor», débute-t-elle, avant d’y ajouter des finances robustes, un système sanitaire résilient et des investissements importants dans la recherche. Ses points faibles? La lenteur bureaucratique ou une numérisation insuffisante pour permettre aux autorités sanitaires de se coordonner et aux élèves de suivre leurs cours à distance.

Pourtant, derrière la physicienne de formation se cache une responsable politique inquiète. En témoignent les propos, révélés par le quotidien Bild, qu’elle a tenus dimanche lors d’une réunion avec les cadres de son parti. «Nous devons être plus fermes. La chose nous a échappé», leur a-t-elle déclaré en référence à la diffusion du virus et de ses nouveaux variants, qui représentent un «baril de poudre». Mardi, devant les participants du WEF, la chancelière reste plus sobre en relevant qu’«il n’y a pas de gloire dans la prévention. La croissance exponentielle des contaminations est au début peu visible, mais il faut être prêt à agir dès ce moment.» Seul écart de style, Angela Merkel cite l’écrivain Erich Kästner: «Il n’y a rien de bon sauf si on le fait.» («Es gibt nichts Gutes ausser man tut es.») Un appel à agir, sur le plan national comme international.