Une minute de silence, puis deux ambassadeurs qui se succèdent à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU à New York dans une ambiance électrique: l’Ukrainien Sergueï Kyslytsya et le Russe Vassily Nebenzia. Le premier parle même dans la langue de Pouchkine pour décrire les échanges entre un jeune soldat russe, censé être en Crimée, mais envoyé en Ukraine pour se battre, et ses parents. Le soldat a peur, les parents veulent lui envoyer un paquet. Le militaire explique comment il est traité de fasciste dans les rues ukrainiennes. Peu après, il sera tué dans la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine. Puis, sans le nommer, Sergueï Kyslytsya se réfère à Hitler et compare l’attitude du régime de Vladimir Poutine au Troisième Reich. Il le martèle: «Si l’Ukraine ne survit pas, la paix internationale et la démocratie non plus.»

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Dans la foulée, Vassily Nebenzia débite à la vitesse de l’éclair les justifications russes pour la guerre: le refus de Kiev de confier un statut spécial aux républiques séparatistes du Donbass, les attaques ukrainiennes contre la population russophone. Il invoque la légitime défense en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations unies. La tension est maximale, les invectives réciproques d’une rare violence. L’ambassadeur de l’UE, Olof Skoog, appelle à appuyer massivement une résolution condamnant Moscou et l’exhortant à cesser les hostilités. Un vote aura lieu mardi.