C’est un sujet que l’on ne remarque pas trop de l’extérieur bien qu’il pese lourdement sur les activités de l’Union européenne (UE). Il s’agit de son budget 2015. A un mois du début de la nouvelle année financière, il ne fait toujours pas l’unanimité. Une réunion cruciale entre les trois institutions (Conseil, Commission et Parlement) le 17 novembre n’a pas été concluante. Cette semaine, une séance de conciliation a été toute aussi vaine.

Tout l’exercice doit être recommencé et les responsables, la Commission en occurrence, doivent présenter d’urgence de nouvelles propositions. En cas d’échec d’ici à la fin de l’année, les dépenses et les paiements pour chaque mois en 2015 seront calculées sur la base du montant du budget 2014 divisé par douze!

Le Parlement joue au récalcitrant. Il ne veut surtout pas fermer les yeux sur les factures impayées de l’Union à ses fournisseurs de services qui sont en réalité des centaines des petites et moyennes entreprises. Faute d’être payé à temps, ces derniers doivent jongler avec leurs propres fournisseurs, la production et la livraison. En Europe, c’est un fait avéré que des centaines de PME sont contraintes de fermer boutiques à cause de mauvais payeurs. L’Europe leur doit la bagatelle de 28 milliards d’euros, accumulés depuis 2010. Ça fait effectivement tache.

Le Parlement demande que le budget rectificatif 2015 anticipe ce paiement. Les Etats qui ne veulent pas allonger leur contribution de plus de 4,7 milliards, demande un paiement graduel ainsi que des économies sur d’autres postes. Comment l’UE peut-elle imposer la discipline financière aux Etats alors qu’elle ne respecte pas elle-même les principes d’équilibre budgétaire?, s’insurge-t-elle. Il a proposé une astuce: affecter l’argent en provenance d’amendes, récolté par la Commission. Mais les Etats n’en veulent pas et préfèrent récupérer la somme au profit de leurs propres budgets nationaux.