Le Monde indique que la présidence «se fonde sur des recoupements des services secrets français» qui «essaient de comprendre comment s’est achevée la journée de vendredi 14 janvier, qui a vu le départ du président et de sa famille et la chute de son régime».

Selon les services secrets français cités par Le Monde, Leïla Trabelsi, la femme du président, «se serait rendue à la Banque centrale de Tunisie chercher des lingots d’or». Elle aurait essuyé un refus du gouverneur, avant qu’il ne cède sous la pression de Zine El Abidine Ben Ali.

»Il semblerait que la femme de Ben Ali soit partie avec (...) 1,5 tonne d’or, cela fait 45 millions d’euros», a déclaré au journal un responsable politique français. Une information émanant de «source tunisienne» qui «a l’air relativement confirmée», selon un conseiller de l’Elysée.

La Banque centrale de Tunisie (BCT) a de son côté catégoriquement démenti ces informations. «Les réserves d’or de la Banque centrale de Tunisie n’ont pas été touchées ces derniers jours», a déclaré à l’AFP une source officielle à la BCT. Elle a assuré que le gouverneur de la BCT n’avait reçu personne ces derniers jours, «ni Leïla (Trabelsi) ni Ben Ali» lui-même.

Possibles mesures en Suisse De l’argent des familles Ben Ali et Trabelsi se trouverait également dans des banques en Europe, notamment en Suisse. L’Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse a demandé au Conseil fédéral de bloquer «immédiatement» les biens détenus par M. Ben Ali en Suisse. Le Parti socialiste a également exigé un tel blocage dimanche.

Interrogé par l’ATS quant aux mesures prises par la Suisse sur les fonds éventuels, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a répondu dimanche que «la Suisse se réserve la possibilité de prendre les mesures appropriées, y compris celle de bloquer de tels fonds».

Zine El Abidine Ben Ali a fui vendredi son pays pour l’Arabie Saoudite, après un mois de manifestations réprimées dans le sang qui ont mis fin à 23 ans d’un règne sans partage.

Sa seconde épouse, Leïla Trabelsi, et la famille de cette dernière, se sont accaparé les richesses du pays en utilisant l’appareil d’Etat, usant d’alliances, de corruption, de menaces, affirment plusieurs experts et analystes.