Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les deux fils de Diana, William et Harry, sont allés déposer des fleurs au milieu d’autres bouquets en mémoire de leur mère devant le palais de Kensington.
© Karwai Tang / WireImage

Royaume-Uni

Comment la famille royale a enterré Diana

Vingt ans après la mort de la princesse, la «firme» est toujours aussi populaire. Dans la grande opération de communication organisée pour l’occasion, ce sont les fils de la Diana qui ont tenu cette fois la vedette

Ostensiblement, il s’agissait de rendre hommage à leur mère, décédée il y a vingt ans le 31 août 1997. Le prince William, accompagné de sa femme Kate Middleton et de son frère Harry, ont visité sous une pluie battante ce mercredi le jardin de roses blanches et de myosotis construit récemment en mémoire de Diana, dans le palais de Kensington, à Londres.

Devant les grilles, des badauds avaient déposé quelques gerbes de fleurs, et des photos avaient été accrochées en souvenir. Mais le message sous-jacent était clair: si la mort de la «princesse des cœurs» a fait vaciller la famille royale britannique il y a deux décennies, celle-ci est désormais plus que jamais au contrôle de son destin. Ses faits et gestes publics, contrôlés d’une main de fer, sont toujours aussi suivis par les médias et le grand public, qui applaudissent et n’osent guère égratigner le mythe.

Les sondages le prouvent clairement: dans les années 1970, 18% des Britanniques souhaitaient instaurer une République; aujourd’hui, ce niveau est rigoureusement le même, à 17%. Le très relatif pic, à près de 25%, atteint juste après le décès de Diana a été oublié depuis longtemps.

Entrée de la famille royale dans le monde moderne

Ce qui ne veut pas dire que «la firme», comme elle est parfois surnommée, n’a pas été chamboulée par ces heures sombres de début septembre 1997, quand la foule se pressait devant Buckingham Palace et réclamait le retour de la reine à Londres.

Installée comme chaque été à Balmoral, en Ecosse, cherchant à protéger William et Harry – alors âgés de quinze et douze ans –, Elisabeth II avait mis longtemps à comprendre l’ampleur de la tristesse populaire – une histoire immortalisée dans le film «La Reine».

Rapidement, il lui avait fallu réinventer le fonctionnement de la monarchie. «C’est le moment où la famille royale est entrée dans le monde moderne», estime Jeremy Paxman, chroniqueur au Financial Times. Sa communication a été réinventée.

Dans les années qui ont suivi, la reine a tenté de descendre de son piédestal. Elle a visité un logement social à Glasgow, s’est rendue sur des plateaux de télévision où étaient filmés des soap operas populaires, et elle s’est même rendue dans un fast-food. Elle a aussi accepté – à contrecœur – de renoncer au Royal Yacht Britannia.

Des apparitions publiques vécues comme un calvaire

Mais si le dixième anniversaire de la mort de Diana se concentrait encore autour d’Elisabeth II, qui avait assisté à une grande cérémonie de souvenir, celui du vingtième anniversaire est entièrement tourné vers la relève.

Les deux fils ont lancé une grande offensive de relations publiques, témoignant pour la première fois de leur douleur lors du décès de leur mère, dans plusieurs documentaires. Et si leur choc et leur chagrin sont évidents, Harry et William font aussi passer un autre message: la réaction de la famille royale au moment de la tragédie, de la reine comme de leur père le prince Charles, était la bonne.

«Notre grand-mère voulait nous protéger. Elle avait fait enlever tous les journaux de Balmoral. Nous avons eu l’intimité nécessaire pour le deuil», témoigne William. Les deux frères racontent comme un calvaire leurs apparitions publiques avant et pendant les funérailles.

Leur longue marche tête baissée derrière le corbillard en remontant le Mall, la grande allée menant à Buckingham Palace, a été particulièrement dure. «Ma réaction à l’époque était de dire à tous ces gens: «Vous ne l’avez même pas connue, pourquoi êtes-vous si tristes?»

Chaque intrusion des photographes se termine devant la justice

Harry insiste aussi sur la brutale intrusion de la presse dans la vie quotidienne de Diana. Il raconte un moment où sa mère, qui le conduisait à son cours de tennis, a soudain arrêté sa voiture pour crier contre les paparazzis qui les suivaient. «J’étais bloqué à l’arrière de la voiture, avec la ceinture de sécurité, et j’essayais de voir ce qu’il se passait derrière moi.»

Le message est très clair: jamais les deux princes ne se laisseront déborder de la même manière. Chaque intrusion des photographes se termine devant la justice, comme notamment ces photos volées en France en 2012 de Kate Middleton seins nus à l’intérieur d’une villa où elle passait ses vacances.

Le prince Charles, un grand absent?

Il demeure cependant un grand absent de cette période de commémoration: le prince Charles. L’ancien mari de Diana ne s’est pas exprimé publiquement une seule fois. S’il a largement reconstruit sa popularité (60% d’opinions positives, 15% négatives), il sait qu’elle reste fragile. Sa femme, Camilla, est d’ailleurs le seul membre de la famille royale à avoir plus d’opinions négatives que positives.

Pourtant, ses deux fils le protègent. «Il était là pour nous», assure William.

Le palais a su couper court aux rumeurs de la presse tabloïd cet été, qui parlait de sauter une génération pour le couronnement, passant directement d’Elisabeth II à William. Il n’en est évidemment pas question.

«Tous les monarchistes comprennent le principe que la succession est un accident de naissance, ce qui veut dire qu’il faut accepter que certains membres de cette famille extrêmement privilégiée seront populaires et d’autres impopulaires», témoigne Jeremy Paxman. Et toujours au contrôle de leur destin.

Lire aussi:

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a