L'essentiel

Jusqu'à jeudi, le parlement fédéral est en session extraordinaire, dans tous les sens du terme, dans une halle à Berne. Les Chambres imposent au Conseil fédéral une aide spéciale aux médias de 65 millions de francs.

Le Royaume-Uni est devenu ce mardi le deuxième pays le plus touché au monde après les Etats-Unis.

Retrouvez les nouvelles de lundi.


■ Pour finir: comment garder ses exercices de natation à moindre prix

Les frères Micha et Dario Boxler sont moniteurs du club de natation Aarefisch, à Aarau. Les piscines étant fermées, ils ont trouvé un truc pour utiliser un bassin de jardin sans un coûteux système de contre-courant: des cordes.


■ Fribourg renonce finalement à l'examen de maturité gymnasiale

Nous avons entendu les inquiétudes exprimées par les parents, les étudiants et les enseignants

C'est le conseiller d'Etat fribourgeois Jean-Pierre Siggen, en charge de l'Instruction publique, qui s'exprime, ce mardi après-midi. Il annonce que le canton de Fribourg n'organisera finalement pas d'examens écrits pour l'obtention de la maturité. Le Conseil d'Etat s'aligne sur la pratique retenue dans les autres cantons romands.

Le gouvernement revient sur sa décision du 24 avril, où il avait insisté sur la nécessité de maintenir un rendez-vous contribuant à la crédibilité de la formation. «Le Conseil d'Etat a effectué une pesée d'intérêts pour arrêter sa décision», a expliqué Jean-Pierre Siggen.


■ Donner nom, prénom, téléphone au restaurant

Les associations professionnelles publient cet après-midi le plan de protection pour l'hôtellerie-restauration. GastroSuisse, HotellerieSuisse et Swiss Catering fixent ainsi les principes qui devront être respectés par les restaurants qui ouvriront dès le 11 mai.

Les points forts:

  • Chaque client qui consomme sur place devra indiquer nom, prénom, numéro de téléphone, date et heure, ainsi que le numéro de table;
  • Ces données ne devront être gardées que 14 jours;
  • Pas de clients debout;
  • Tables de quatre personnes maximum, exception pour les familles;
  • 2 mètres entre chaque table, sur les quatre côtés;
  • Les 2 mètres devront aussi être respectés pour le service. Les faitières parlent de «tables ou chariots de service, stations de ramassage, service au comptoir».
  • Le port du masque ne sera pas obligatoire, sauf si les deux mètres ne sont temporairement pas respectés.

L'un de nos articles sur le sujet (d'autres suivront):  A Lausanne, un restaurant sur deux ne rouvrira pas lundi 


■ En RDC, les cas apparus dans une prison inquiètent

En République démocratique du Congo (RDC), un compte-rendu de conseil des ministres relaté par l’AFP indique que le gouvernement redoute une «propagation à grande échelle» de l'épidémie en raison de son arrivée dans une prison.

Le premier cas de coronavirus a été enregistré le 10 mars à Kinshasa sur un ressortissant congolais vivant en France, et en provenance de Bruxelles. Depuis, «le cumul est de 705 cas confirmés. Au total, il y a eu 34 décès et 90 personnes guéries», selon le dernier bulletin sur l'évolution de l'épidémie publié mardi.

«L'épidémie importée est terminée. Les contaminations observées sont locales; la croissance exponentielle tant redoutée n'a pas eu lieu, le confinement de la Gombe a donné de bon résultats», note par ailleurs le document, en citant le numéro 1 de la lutte contre le Covid-19 dans le pays, le professeur Jacques Muyembe.

Mais «la contamination au niveau des prisons risque d'être un facteur de propagation à grande échelle dans notre société, en particulier si la prison de Makala devrait être concernée, en raison de son surpeuplement», s'alarme le conseil des ministres.

Le Covid-19 est apparu à la prison militaire de Ndolo. 101 cas y ont été diagnostiqués.

Aucun cas n'a été déclaré à Makala, la grande prison de Kinshasa qui héberge au moins 8400 détenus Le rapport de l'équipe chargée de la riposte «fait état du risque toujours accru de voir cette épidémie faire davantage de dégâts parmi la population».


■ Le Royaume-Uni devient le deuxième pays au monde le plus touché

Montée de marche sur un triste podium, le Royaume-Uni est devenu le premier pays d'Europe à dépasser les 30 000 morts liés au nouveau coronavirus. Il est le deuxième pays le plus touché par la pandémie dans le monde après les Etats-Unis.

Les chiffres hebdomadaires des différentes agences régionales des statistiques du pays affichent un bilan de 32 313 décès dont le Covid-19 est la cause suspectée indiquée sur le certificat de décès, un chiffre supérieur à l'Italie. Le dernier bilan du Ministère de la santé, qui ne comprend que les morts en hôpital et en maisons de retraite de patients testés positifs au Covid-19, était de 28 734 morts lundi.


■ Le déconfinement avance, le pétrole remonte

Pour la première fois depuis le 15 avril, le prix du baril de pétrole a atteint un peu plus de 30 dollars.

Vers 15H35 (suisse) ce mardi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet valait 30,08 dollars à Londres, en hausse de 10,59% par rapport à la clôture de lundi.

A New York, le baril américain de WTI pour juin s'appréciait de son côté de 16,58%, à 23,77 dollars.

Le lundi 20 avril, les marchés créaient la stupéfaction en faisant entrer le pétrole WTI dans la zone négative: il fallait payer pour s'en débarrasser.

A ce sujet:  Le pétrole découvre les territoires négatifs


■ La Chambre du peuple veut un cadre pour les loyers commerciaux

Dans la longue polémique portant sur les loyers commerciaux en temps de crise, le National tente une médiation concernant les restaurateurs. Il a accepté ce mardi par 103 voix contre 77 une motion de commission exigeant que la Confédération intervienne.

Le texte demande que les exploitants ne paient à leur bailleur que 30% du loyer pour la période de fermeture résultant des mesures sanitaires. «C'est une situation gagnant-gagnant», a lancé la rapportrice de commission Jacqueline Badran (PS/ZH), résumée par l'ATS. «Avec une telle répartition, on couvre les coûts du bailleur et on permet un allègement des petites entreprises.» Et ainsi, de nombreux procès seront évités, a poursuivi la Zurichoise.

Actuellement, bailleurs et locataires doivent s'accorder pour trouver des solutions. Les situations sont alors très différentes et dépendent de la bonne volonté des bailleurs ou de l'intervention des cantons. Sans accord à l'amiable, pas d'autre choix que de passer devant les tribunaux. Une réponse unitaire sur le plan national est nécessaire, a abondé Fabio Regazzi (PDC/TI) également pour la commission. «La situation actuelle est intenable pour les établissements fermés.»

Les Etats ont opté pour une autre stratégie, tandis que le Conseil fédéral ne veut pas intervenir. Le risques existe, redoutent certains élus, qu'aucune solution ne soit trouvée.

Notre article du jour: Le Conseil national approuve une diminution de 70% des loyers commerciaux


■ Un instantané: à Londres

Le réseau national de santé anglais, le National Health Service, toujours objet d'enjeux politiques, vanté ici sur un mur du centre de Londres.


■ Même les percepteurs se déconfinent

Tout a une fin, même le confinement des percepteurs. L’Etat de Vaud annonce la réouverture des guichets et les réceptions de la Direction générale de la fiscalité dès demain, 6 mai, à 13h30. Dans les locaux publics avec guichets, il y aura marques au sol et gel pour les mains.

L’occasion de rappeler les délais accordés par les cantons pour le dépôt des déclarations d’impôts (sur le revenu et la fortune, sources sites cantonaux ou médias locaux):

  • Vaud: 30 juin.
  • Genève: 31 mai.
  • Valais: 31 mai.
  • Fribourg: pas de délai annoncé. La question a été abordé ce mardi matin au Grand Conseil.
  • Neuchâtel: le délai était échu au 20 février.
  • Jura: 31 juillet.

■ Emmanuel Macron: «Le déconfinement est plus complexe que le confinement»

Juché sur un exquis petit pupitre jaune, le président français, plutôt discret ces dernières semaines – c'était son premier ministre qui égrainait les mesures de desserrement de l'étau – s'est exprimé ce mardi sur France 2.

Pas d'annonce factuelle, surtout une volonté de rassurer les maires, dont il assure comprendre les «angoisses». Des dizaines de mairies ont annoncé leur intention de ne pas procéder à la rentrée scolaire le 11 mai.

Au reste, le président français a décrit un retour aux affaires «certainement pas comme avant». Avec les constantes prises de mesures de l'épidémie, les décisions à prendre et reprendre, les craintes en particulier pour les personnes âgées «qui seront en danger partout, même dans les départements» jugés peu exposés (les verts sur la carte), Emmanuel Macron prédit une situation «plus complexe que le confinement».


■ Le nombre du jour, très bas, de l'OFSP

L'Office fédéral de la santé publique annonce 28 nouveaux cas depuis lundi.

Il y a 24 heures, la hausse était de 76 personnes, et durant la tranche d'avant, de 88, encore auparavant, 112.


■ Session du parlement à Berne: quelques décisions du matin

Médias. Le Conseil fédéral, qui ne voulait pas le faire, sera contraint de délier la bourse fédérale pour les médias. Suivant le Conseil des Etats, le National a largement approuvé ce mardi matin deux motions demandant une aide totale de 65 millions. Le Conseil fédéral s'y est opposé.

Crèches. La bataille des crèches se poursuit. Hier lundi, la Chambre du peuple a approuvé une enveloppe de 100 millions pour ces lieux d’accueil, contre l’avis du gouvernement. Ce mardi, le Conseil des Etats les a inclus au train de mesures pour l'économie à hauteur de 65 millions.

Entreprises aériennes au sol. Les entreprises au sol du secteur aérien pourront elles aussi bénéficier d'une aide de la Confédération. Après la Chambre des cantons, le National a adopté par 133 voix contre 60 une modification urgente de la loi sur l’aviation. Sont concernées notamment Swissport International, Gategroup et SR Technics, des sociétés qui appartiennent à des investisseurs chinois.


■ En images: un M2 qui se prépare pour la relative rentrée de lundi

Le photographe de l'agence Keystone Laurent Gilliéron s'est promené ce mardi matin dans les rames et stations du métro lausannois. La compagnie locale prépare le retour à une plus forte affluence dès lundi prochain.

Découvreznotre galerie d'images commentée par le photographe lors de ses visites dans des hôpitaux.


■ L'indice du KOF à la baisse

Ce mardi matin est la matinée des mauvaises nouvelles. L'indicateur d'activité en Suisse compilé par le KOF s'est effondré en avril, sous le coup des mesures de confinement mises en place contre le coronavirus. L'institut zurichois, que résume l'ATS, juge que la situation devrait encore se dégrader ces prochains mois.

Le KOF, qui effectue périodiquement un sondage auprès de 4500 sociétés, a vu son indicateur d'activité chuter à -17,0 points en avril, contre encore +19,1 points en mars et 22,2 points en février. Les analystes écrivent:

Au vu de la pandémie de Covid-19, les entreprises évaluent leur situation d'une manière encore plus négative que lors de la crise financière de 2009

Sans surprise, les secteurs de la restauration (-45,6 points), des services (-34,4), du commerce de gros (-28,1) et de détail (-22,1) ont été les plus sévèrement touchés par les restrictions sanitaires. La construction (+4,9) et les services financiers (+11,9), bien qu'en forte baisse, ont tiré leur épingle du jeu.


■ Le blues des consommateurs suisses

Le pointage habituel du Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) montre que les consommateurs suisses ont le moral au plus bas. Le climat de climat de consommation «atteint un plancher historique».

L'indice du Seco en la matière s'est effondré en avril à -39,3 points, après -9,4 points en janvier, indique l'instance ce mardi matin. Elle écrit: «Pour retrouver des valeurs semblables, il faut remonter à la crise de l’immobilier qui a marqué le début des années 1990. À l’époque, l’économie suisse avait basculé dans une récession prolongée, qui s’était accompagnée d’une flambée du chômage.»

Les sondés se disent pessimistes sur l'état de l'économie, celui de l'emploi et leurs finances personnelles. A ce sujet, «lles personnes interrogées se préparent également à traverser une période difficile. Le sous-indice portant sur la situation financière future s’inscrit à −24 points ; c’est la première fois que de telles valeurs sont relevées depuis le début des années 1990. Les possibilités d’épargne ont, elles aussi, été jugées nettement plus restreintes que les trimestres précédents.»


■ Aux Etats-Unis, une projection assombrit le tableau

Aux Etats-Unis, le bilan quotidien des décès a été lundi le plus bas depuis le début avril, avec 1015 personnes ayant péri du Covid-19 en 24 heures. Toutefois, le tableau s'annonce particulièrement sombre.

Pays le plus touché au monde avec plus de 68 000 morts à ce stade, les Etats-Unis devraient probablement dépasser les 100 000 décès dès le mois de juin, selon plusieurs modèles épidémiologiques qui ne prédisent pas d'arrêt soudain des contagions pendant l'été.

L'un des grands modèles de la pandémie, celui de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), a fortement revu à la hausse lundi sa prévision de décès causés par le nouveau coronavirus de 72 000 à près de 135 000 morts d'ici au 4 août, en raison d'un déconfinement prématuré dans certaines régions du pays.

Le président américain Donald Trump a lui-même reconnu dimanche que son pays allait «perdre 75 000, 80 000 ou 100 000 personnes».

Sur le plan politique: Donald Trump se déconfine et repart en campagne


■ Le bilan du matin: 250 000 décès

Plus d'un quart de million de personnes ont succombé au nouveau coronavirus depuis son apparition en décembre en Chine, selon le bilan établi par l'AFP.

Le bilan des décès quotidiens a plutôt bien diminué ces derniers jours en Europe.