Pour Monzer Makhous, porte-parole du Haut comité des négociations et ambassadeur de l’opposition syrienne à Paris, l’accord de cessez-le-feu n’est qu’un premier pas vers une résolution politique du conflit.

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Le Temps: A qui profite la trêve?

Monzer Makhous: Au peuple syrien bien sûr. Il y a une urgence humanitaire et la fin des combats, même temporaire, est une bonne nouvelle. L’aide humanitaire n’a plus pu être distribuée depuis le mois de juillet à Alep et dans certaines localités. La trêve va permettre d’ouvrir des couloirs humanitaires. Mais cet accord est insuffisant car il est très peu contraignant pour le régime. Rien n’est dit sur les villes qui sont assiégées depuis des mois, encerclées, mais pas forcément bombardées.

- Malgré la nécessité humanitaire, l’opposition et les rebelles modérés n’ont accepté l’accord que du bout des lèvres. Pourquoi?

- Le plan n’est pas clair du tout et il profite surtout au régime. La rébellion doit montrer patte blanche si elle ne veut pas être taxée de terroriste au même titre que l’Etat islamique. En revanche, les groupes à la solde du régime syrien comme le Hezbollah n’encourent aucune sanction. Autre problème: le texte donne aux Russes et au régime les prétextes pour continuer leur guerre.

- Quelle devrait être la prochaine étape?

- Relancer les discussions à Genève sous l’égide des Nations unies. La guerre ne finira qu’avec une résolution politique, or le plan de paix n’en parle quasiment pas et le régime syrien n’a pour l’instant jamais montré sa volonté de négocier. Russes et Américains devraient reprendre la résolution 2268, adoptée en février par le Conseil de sécurité, et contraindre Damas de l’appliquer.