La Direction de la sûreté du territoire (DST) a mis au jour un réseau de financement du terrorisme islamiste en France et à l'étranger. Dans le cadre de cette enquête, un ancien employé de l'entreprise de convoyage de fonds Brink's qui avait organisé le 1er mars dernier son faux enlèvement et le faux braquage des distributeurs automatiques de billets de six banques de Seine-Saint-Denis, dont il était chargé d'assurer la maintenance, a été arrêté, ont révélé ce week-end Le Monde et Le Parisien. Plus d'un million d'euros avaient ainsi été dérobés. Il aurait bénéficié de la complicité de trois personnes – deux militants islamistes et un homme «connu pour des faits de droit commun». L'un des deux militants a été interpellé il y a un mois en Algérie avec 40 000 euros, affirme Le Parisien.

Le second serait un des principaux suspects dans le dossier des «filières tchétchènes». «L'argent dérobé était destiné à financer les activités des réseaux terroristes en France et à l'étranger», a déclaré dimanche le Ministère de l'intérieur. «C'est en poursuivant son enquête sur les filières marocaines en France», dont le Groupe islamique combattant marocain (GICM) à l'origine des attentats de Casablanca en mai 2003, que la DST a découvert la manipulation, a poursuivi le ministère. Le frère du suspect avait été arrêté avec plusieurs autres islamistes au début avril. Il avait effectué au moins deux séjours en Afghanistan et était considéré comme le chef d'une cellule du GICM, qui aurait apporté un soutien logistique aux auteurs des attentats du 11 mars à Madrid, selon la DST.