Après la CIA, les services secrets militaires italiens (Sismi) sont à leur tour sur la sellette à propos des présumées tentatives d'achat d'uranium du Niger par l'Irak. Le Parquet de Rome vient en effet d'ouvrir une enquête sur le dossier que les espions italiens auraient concocté en 2001 et transmis ensuite, selon certaines sources, à leurs homologues britanniques et américains. Les éléments fournis auraient servi à Washington pour amplifier la thèse d'une tentative de Saddam Hussein de se procurer l'arme atomique et justifier l'intervention militaire en Irak.

Mercredi, informé par une source du Sismi, le quotidien La Repubblica a publié une série de copies de lettres provenant de la présidence de la République et du Ministère des affaires étrangères du Niger évoquant un accord avec l'Irak pour l'acquisition de «500 tonnes d'uranium par an». Ces documents apparaissent clairement factices.

Quel a été le rôle exact du Sismi? Quelle autorité a ensuite décidé de transmettre ces faux documents à Londres et Washington? Pour l'heure, à Rome, on nie toute transmission de dossier. «L'Italie et ses services secrets n'ont jamais fourni de documentation à quiconque», a ainsi affirmé le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, tandis que devant le comité parlementaire de contrôle des services secrets, le sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, Gianni Letta, aurait simplement évoqué un échange réciproque d'informations sur la question.