Nous sommes le matin du 16 août 2021. Fawzia Koofi ouvre les yeux, puis ses rideaux. De l’autre côté de la rue, sur l’hôtel Intercontinental, le drapeau qui flotte habituellement a été remplacé: le nouveau est noir et blanc, c’est celui des talibans. Ce jour-là, nous sommes à Kaboul et, la veille, la capitale afghane est tombée. Fawzia Koofi, vice-présidente du parlement afghan, pense à ses filles. «Elles étaient encore bébés lorsque les talibans ont été renversés en 2001, souffle-t-elle. Je n’arrivais pas y croire, comment en étions-nous arrivés là?»