C'est la lettre que beaucoup attendaient. Dans une missive datée du 6 novembre, adressée à des représentants du Congrès, James Comey, le patron du FBI, sous le feu des critiques depuis plusieurs jours, revient sur l'enquête complémentaire ouverte à propos de l'affaire des e-mails privés d'Hillary Clinton. Et la conclusion est très claire: elle n'apporte rien de plus que la précédente enquête.

Des conclusions inchangées

«Nous avons passé en revue toutes les communications faites ou reçues par Hillary Clinton pendant qu’elle était secrétaire d’Etat. Sur la base de cette enquête, nous n’avons pas changé les conclusions que nous avions exprimées en juillet en ce qui concerne Mme Clinton», peut-on lire dans le message publié dimanche par plusieurs médias américains. En d'autres termes: Hillary Clinton ne sera pas poursuivie. James Comey termine sa brève déclaration écrite en se disant «très reconnaissant envers les professionnels du FBI d'avoir accompli ce travail de haute qualité en si peu de temps».

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Un coup d'épée dans l'eau? Le FBI avait déjà dépouillé et analysé plusieurs milliers d'e-mails d'Hillary Clinton, alors qu'elle était Secrétaire d'Etat. Elle avait commis l'imprudence d'utiliser sa messagerie privée pour certains échanges. Mais l'affaire a été classée en juillet, aucun document ultra secret n'ayant apparemment été transféré par ce moyen. Le FBI n'avait conclu qu'à une «négligence extrême» d'Hillary Clinton.

Une adresse au Congrès

Le 28 octobre, James Comey a suscité l'incompréhension, en redemandant l'ouverture d'une enquête alors que de nouveaux messages avaient été découverts dans l'ordinateur du mari de la conseillère personnelle d'Hillary Clinton, Huma Abedin. Incompréhension en raison du timing, à quelques jours d'une élection présidentielle sous haute tension, et parce que le président du FBI, soupçonné de vouloir saboter les chances d'Hillary Clinton, a préféré s'adresser directement au Congrès plutôt qu'à sa hiérarchie directe.

Harry Reid, le chef de file des démocrates au Sénat, a été le premier à s'en offusquer, en accusant carrément le patron du FBI d’avoir violé le «Hatch Act», qui interdit d’utiliser une fonction publique gouvernementale pour influencer une élection. John Podesta, le président de l'équipe de campagne de Hillary Clinton, a de son côté reproché à James Comey d'être passé outre les hauts responsables du Ministère de la Justice.

La colère d'Eric Hodler

Surtout, Eric Holder, procureur général des Etat-Unis entre 2009 et 2015, et plusieurs ex-responsables du Ministère de la Justice, ont pris la plume. Eric Holder a parlé d'«erreur, avec des répercussions potentiellement graves», car la décision de rouvrir l'enquête a forcément donné lieu à toutes sortes de spéculations.

Il a donc enjoint le FBI à rendre ses conclusions rapidement, pour couper court à toutes rumeurs malsaines. Ce que James Comey et son équipe ont fini par faire. Des journalistes américains laissent déjà entendre que les «nouveaux emails» qui auraient motivé l'ouverture d'une nouvelle enquête n'étaient en fait que des copies de ceux déjà analysés par le FBI. Du côté de l'équipe d'Hillary Clinton, les réactions ne se sont pas faites attendre. «Nous étions toujours confiants dans le fait que rien ne pourrait remettre en cause la décision de juillet. Voilà que le directeur Comey l'a confirmé», a ainsi twitté Brian Fallon, un de ses porte-paroles.


Les bourses applaudissent

Les indices boursiers ont ouvert en nette hausse lundi après la recommandation du FBI de ne pas poursuivre Hillary Clinton dans l'affaire des courriels. Dans les premiers échanges, les futures du S&P 500 étaient en hausse de près de 1,5%.

Si ce gain est maintenu tout au long de la session régulière de lundi, le S&P 500 de la Bourse de New York interromprait une séquence de neuf baisses consécutives, du jamais vu depuis 1980.

Les investisseurs expliquent cette série de reculs par le retour des incertitudes entourant l'élection présidentielle du 8 novembre, qui paraissait encore acquise à Hillary Clinton, la favorite des acteurs de marché, il y a un mois. (ATS/AFP/Reuters)


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