«Qui s’attendait vraiment à ce que les talibans entrent dans Kaboul? Moi jamais», soupire Mina Howaida, journaliste pour une chaîne télévisée. «C’est triste, mais j’espère qu’ils nous laisseront travailler, étudier, vivre.» Mercredi, cette femme de 24 ans a osé, pour la première fois depuis la chute de la capitale, sortir de chez elle. «J’avais peur, je m’attendais à voir une ville vide et détruite, mais ce n’était pas le cas.»

La veille, elle avait suivi la conférence de presse du porte-parole des talibans. Ce dernier avait assuré que les femmes pourraient continuer à mener leur vie «dans le respect des lois islamiques». L’homme, Zabihullah Mujahid, a entre-temps été nommé ministre de la Culture et de l’Information. Avant de quitter son domicile mercredi, Mina a donc revêtu un hijab noir.