Femmes, encore un effort! L'égalité des sexes noircit déjà beaucoup de papier sans changer vraiment la vie. Dix ans après le sommet de Pékin sur les femmes, une conférence de suivi s'est ouverte lundi pour quinze jours aux Nations unies, à New York. Une centaine de gouvernements sont représentés, observés de près par 6000 délégués des ONG. Mais avant même de commencer, la réunion a été marquée par une fausse note qui domine les discussions.

Les délégués devaient adopter d'entrée une déclaration réaffirmant et renforçant les engagements pris à Pékin en 1995. Les Etats-Unis ont dit non. Ils veulent imposer un amendement spécifiant que le texte «ne crée pas un nouveau droit humain international, et n'inclut pas le droit à l'avortement».

Pascal Couchepin, qui dirige la délégation suisse, considère que la démarche américaine est «inutile», car le projet de déclaration, pas plus que celle de Pékin, ne créent ce nouveau droit dont les conservateurs américains ne veulent pas (alors que la Cour suprême l'a reconnu il y a trente ans!). Le conseiller fédéral semble comprendre que le blocage américain répond d'abord à des enjeux de politique intérieure. Il espère que Washington, finalement, ne s'opposera pas à la déclaration, tout en publiant, comme il l'a déjà fait par le passé, une «explication» de son vote.

Mais aux Etats-Unis, la pression intérieure sur ce thème est si forte que Hillary Clinton, déjà en précampagne pour 2008, vient de jeter un froid chez les libéraux en affirmant qu'il fallait mieux entendre ce que les adversaires de l'avortement ont à dire.