L’essentiel

Les cantons de suisse centrale et le Tessin cèdent face à la pression du Conseil fédéral: ils vont fermer les terrasses d’altitude, qu’ils vouaient laisser ouvertes.

Depuis le 27 janvier, jour où le nombre de nouveaux cas en Suisse est descendu en dessous de 2000, les contaminations quotidiennes stagnent. Hier jeudi, les autorités annonçaient 1169 cas.

Retrouvez notre suivi de la journée de jeudi


■ L’ONU adopte à l’unanimité une résolution exigeant l’équité dans l’accès aux vaccins

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté vendredi à l’unanimité une résolution du Royaume-Uni exigeant l’équité dans l’accès aux vaccins contre la pandémie de Covid-19, a-t-on appris de sources diplomatiques.

La résolution adoptée, la deuxième en un an du Conseil de sécurité sur la pandémie, appelle aussi à la solidarité et à des cessez-le-feu dans le monde pour mieux lutter contre le virus et procéder aux vaccinations. Fait rare à l’ONU, la résolution a été co-sponsorisée par l’ensemble des 15 membres du Conseil de sécurité, selon les mêmes sources.


■ Le nombre de passagers dans les aéroports est tombé au niveau des années 1980

L’aviation civile a enregistré l’an dernier une crise sans précédent en raison de la pandémie de coronavirus. Le nombre de passagers dans les aéroports suisses a chuté de 72%, selon l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Seuls 16,5 millions de personnes sont arrivées ou parties dans le trafic de ligne et charter. Ce sont 42 millions de moins qu’en 2019. Un niveau aussi bas n’avait plus été enregistré depuis les années 1980, a indiqué vendredi l’OFS.

Le nombre de mouvements aériens a également fortement diminué. Les décollages et atterrissages ont reculé de 64%, à 166’758. La baisse la plus forte a touché l’aéroport de Lugano, qui a enregistré 98% de mouvements en moins. Zurich a subi un recul de 66% et Genève 63%.

Le fret aérien a quant à lui été un peu moins gravement touché par les effets de la pandémie: le nombre de tonnes transportées a baissé de 40%. Zurich a enregistré la plus forte baisse, soit une réduction de moitié. Genève a perdu 35%. Seul Bâle-Mulhouse affiche une augmentation de 3%.

Pour le quatrième trimestre, d’octobre à décembre, les mouvements ont baissé de trois-quarts pour atteindre 27’000 par rapport à la même période un an auparavant. Le nombre de passagers a diminué de 85%, à un peu moins de 2 millions.


■ La Côte d’Ivoire reçoit 504 000 doses de vaccin

La Côte d’Ivoire a reçu vendredi 504 000 doses de vaccin, les premières à arriver dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, financées par le dispositif Covax destiné en particulier aux pays défavorisés, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ces doses du vaccin AstraZeneca/Oxford sont arrivées à l’aéroport international d’Abidjan à bord d’un avion de la compagnie Emirates affrété par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

«Les vaccins que nous avons reçus aujourd’hui vont nous permettre de contenir la pandémie et de renforcer la santé de notre population», a déclaré le ministre ivoirien de la Santé Aka Aouele, présent à l’aéroport, ajoutant que les vaccinations commenceront lundi dans son pays.

La Côte d’Ivoire, pays de 25 millions d’habitants, enregistrait vendredi plus de 32.000 cas confirmés de coronavirus et près de 190 morts. Les chiffres sont en augmentation depuis plusieurs semaines, mais en dehors de l’obligation de porter un masque dans les lieux fermés et de l’incitation à respecter les gestes barrières, aucune autre mesure restrictive n’est pour l’instant imposée.

Avec le Ghana voisin qui a reçu 600 000 doses mercredi, la Côte d'Ivoire est l’un des premiers pays à bénéficier des vaccins financés par le système Covax visant à fournir cette année des vaccins anti-Covid à 20% de la population de près de 200 pays et territoires participants.


■ Vaccination: plus de 90 cas d’effets secondaires graves signalés

À ce jour, Swissmedic, l’Institut suisse des produits thérapeutiques, a reçu 95 déclarations faisant état d’effets secondaires graves suite à des vaccinations contre le coronavirus. Seize décès sont imputés à des maladies pré-existantes.

Les décès ont été analysés «avec un soin tout particulier», indique vendredi Swissmedic dans un communiqué. Seize personnes sont décédées dans un «laps de temps plus ou moins long» après la vaccination. Malgré «la concordance temporelle», rien n’indique concrètement que ces décès étaient dus au vaccin.

Les personnes concernées avaient en moyenne 86 ans. La plupart d’entre elles souffraient de graves maladies pré-existantes. Selon les données disponibles, les décès sont imputables à ces maladies.

Après l’administration d’environ 750 000 doses de vaccin, Swissmedic avait reçu mercredi dernier 364 déclarations d'«effets indésirables présumés de vaccins contre le Covid-19». En tout, 199 concernaient le vaccin Pfizer/Biontech, 154 le vaccin Moderna. Environ deux tiers des cas concernaient des femmes, et environ 45% des personnes âgées de plus de 75 ans.

Zona et maux de tête: Environ un quart des annonces ont été classées par Swissmedic comme graves, ce qui signifie que les personnes concernées ont dû être hospitalisées ou que les réactions ont été considérées comme médicalement importantes pour d’autres raisons. Les plus fréquentes de ces réactions étaient le zona, les maux de tête, la maladie du Covid-19 ou les réactions allergiques.

Les trois quarts des effets indésirables rapportés sont considérés comme «non graves». Ils concernent des réactions au niveau du site d’injection, comme des rougeurs, ou encore des maux de tête, de la fièvre et des frissons. Des réactions cutanées retardées autour du site d’injection après le vaccin de Moderna ont retenu l’attention de Swissmedic, précise le communiqué.

Bénéfice-risque positif: Ces déclarations confirment le profil d’effets secondaires qui avait été observé lors des essais avant l’octroi des autorisations. Elles ne révèlent aucun nouveau problème de sécurité. Ces effets indésirables rapportés ne modifient pas le profil bénéfice-risque positif des vaccins contre le Covid-19, souligne Swissmedic. Les réactions connues, non graves et fréquentes, telles que les douleurs passagères et les gonflements au point d’injection, la fatigue, les frissons, la fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires et articulaires, n’ont pas besoin d’être signalées.


■ L’Office fédéral de la santé publique fait un point

L’OFSP fait un point de situation ce vendredi après-midi, sur font de ralentissements dans les vaccinations et de vives polémiques concernant les terrasses en altitudes.

Situation épidémiologique. «La situation sanitaire est plutôt bonne mais fragile», résume Virginie Masserey, cheffe de la section «Contrôle de l’infection et programme de vaccination» à l’OFSP. L’incidence de la maladie est de 160 pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours. Elle stagne dans toutes les régions. Le taux de positivité des tests reste inférieur à 5% et les nouvelles hospitalisations connaissent une légère diminution.

Le taux de reproduction du virus est de 0,9, ce qui signifie que le nombre de nouveaux cas diminue, mais lentement. «Il faut rester vigilant car le nombre de cas peut rapidement partir à la hausse, comme nous l’avons vu au printemps et à l’automne dernier. Nous devons faire en sorte de ne pas nous retrouver dans cette situation une nouvelle fois», souligne Martin Ackermann, président de la Task force scientifique.

Variants. La moitié environ des échantillons positifs en Suisse sont analysés à la recherche de variants. «Parmi ces derniers, 60% correspondent à des variants préoccupants», indique Virginie Masserey. Si la fréquence de ces mutants progresse dans la population, ils n’ont pas pour l’heure entraîné une explosion du nombre de cas, comme cela a été un temps redouté.

«Par rapport à ce qu’indiquaient nos modèles, la progression du nombre de cas dûs au variant B1.1.7 (ou variant britannique, ndlr) est plus lente que prévue, et la diminution de la circulation du type normal du virus est plus rapide, indique Martin Ackermann. Cela s’explique probablement par les mesures qui ont été prises et par les premiers effets de la vaccination, même si la proportion de personnes vaccinées en Suisse reste trop faible pour qu’elle ait à elle seule une influence sur la progression du virus.»

Vaccins. Près d’un million de doses a déjà été livré aux cantons mais la vaccination doit passer à la vitesse supérieure. Des nouvelles livraisons de vaccins sont attendues dans les mois à venir. «Elles devraient surtout s’intensifier aux mois de mai et juin, si bien qu’il reste envisageable de pouvoir vacciner toutes les personnes qui le souhaitent d’ici à l’été», affirme Virginie Masserey.

Ouverture. L’ouverture doit se faire par étape, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire, a fait valoir Martin Akermann. Un délai de 4 semaines entre chaque nouvel assouplissement semble nécessaire à la task force, afin de pouvoir juger de ses effets sur la circulation du virus. «Le temps joue pour nous: avec la couverture vaccinale qui progresse, et l’augmentation des températures qui fait que nous allons passer de plus en plus de temps en extérieur, nous aurons bientôt de toute façon des conditions plus favorable à la lutte contre le virus», a souligné le microbiologiste, en appelant la population à la patience.

Et les terrasses sur les pistes? Interrogée sur la décision du Conseil fédéral de garder les terrasses des domaines skiables fermées, contrairement à ce que souhaitaient certains cantons, Virginie Masserey a souligné que chaque rassemblement de personnes augmente les risques de transmission, et qu’il est donc préférable que les personnes se dispersent pour manger sur les pistes. «C’est aussi une question d’équité par rapport aux autres restaurants qui demeurent fermés», relève-t-elle.


■ 1065 nouveaux cas

La Suisse compte vendredi 1065 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’OFSP. Huit décès supplémentaires sont à déplorer et 45 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 29 915 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s élève à 3,56%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 13 813. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 159,78 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 1,01.

Au total, 932 375 doses de vaccin ont été livrées aux cantons, dont 751 009 ont été administrées et 221 259 personnes ont déjà reçu deux doses. Depuis le début de la pandémie, 554 932 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 5 025 401 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s’élève à 9271 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 23 416.

Quant aux variants du coronavirus, 9543 cas ont été détectés en Suisse jusqu’à présent, dont 3492 cas ont été attribués au variant britannique (B.1.1.7), 144 au variant sud-africain (B.1.351) et 6 au variant brésilien (P.1). Dans les cas restants, une mutation était présente, mais la lignée n’était pas claire.


■ Israël: plus de 50% de la population vaccinée au moins une fois

Vendredi, le Ministère israélien de la santé a indiqué que 4,65 millions de personnes sur les 9,29 millions d’habitants avaient reçu une première dose.

L’Etat hébreu a lancé le 19 décembre une vaste campagne de vaccination à la faveur d’un accord avec le laboratoire Pfizer, qui approvisionne rapidement le pays en échange de données biomédicales sur l’effet du vaccin.

35% de la population a déjà reçu une seconde dose du vaccin, avec un taux dépassant les 85% chez les personnes âgées de 70 ans et plus, selon le ministère.

Malgré tout, les autorités ont imposé ce week-end un couvre-feu nocturne à l’occasion des célébrations de la fête religieuse juive de Pourim, traditionnellement l’occasion de défilés carnavalesques et de soirées costumées.


■ Domaines skiables: les terrasses seront fermées partout en Suisse

Les cantons de Suisse centrale ainsi que Glaris et le Tessin cèdent aux injonctions du Conseil fédéral: ils vont fermer les terrasses dans leurs domaines skiables en raison de la pandémie. Les Grisons avaient déjà pris cette décision mercredi.

Dès dimanche soir, les terrasses des lieux de restauration à l’emporter seront fermées au public dans les stations où elles restaient encore ouvertes. Les cantons de Schwyz, d’Uri, de Nidwald, d’Obwald, de Glaris et du Tessin se sont accordés sur ce point, annoncent-ils vendredi dans leurs communiqués respectifs.

Jeudi, ils avaient indiqué que ces terrasses restaient provisoirement ouvertes. Les cantons concernés entendaient convaincre le ministre de la Santé Alain Berset que leur fermeture était contre-productive face au danger d’infections au coronavirus. Vendredi matin, ils ont fait marche arrière: ils ferment les terrasses jusqu’à nouvel avis.


■ La BCE évoque un nouvel effort

La Banque centrale européenne devra augmenter ses soutiens à l’économie en cas de trop forte hausse des taux d’intérêt, a indiqué vendredi l’une de ses dirigeantes au moment où les marchés boursiers mondiaux s’inquiètent de leur progression.

«Une progression des taux d’intérêt réels à un stade précoce de la reprise, même si elle reflète une amélioration des perspectives de croissance, pourrait retirer des éléments vitaux de soutien» à l’économie «et de manière trop abrupte compte tenu de la fragilité persistante», a déclaré Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, dans un discours à Francfort, ajoutant que dans ce cas il faudra ajuster la politique monétaire et «accroître le niveau de soutien».


■ Le Jura peut accélérer les vaccinations

Le canton du Jura a de la chance: il reçoit de nouvelles livraisons de vaccins. En mars, il pourra accroître de moitié par rapport à février la cadence des vaccinations contre le Covid-19. Le nombre des injections hebdomadaires devrait grimper à 1500, au lieu de 1000 actuellement.

Plus de 6600 personnes ont reçu jusqu’ici au moins une injection, quelque 2000 d’entre elles bénéficiant d’une vaccination complète à deux injections, a indiqué vendredi la Chancellerie d’Etat. Environ 6000 personnes sont inscrites en attente d’une première injection, avec en moyenne 100 nouvelles inscriptions par jour.


■ British Airways plonge

Le groupe britannique IAG, maison mère de British Airways et d’Iberia, a subi une perte record de 6,9 milliards d’euros en 2020 à cause du virus qui a paralysé le trafic aérien à travers le monde.

L’année précédente, il avait affiché un bénéfice net part du groupe de 1,7 milliard d’euros, avant le choc de la pandémie qui a particulièrement durement frappé le secteur aérien, menaçant la survie de l’ensemble des compagnies et entraînant une série de faillites.

La perte inclut des éléments exceptionnels liés aux «positions de couvertures de prix pétroliers et de changes» qui ont mal tourné l’an dernier vu le plongeon inattendu des cours du brut, des coûts de retrait de la flotte de vieux appareils, et des dépenses de restructuration, précise le communiqué.

Le chiffre d’affaires a été divisé par trois à 7,8 milliards d’euros.

Il y a une semaine, Air France a publié les pires résultats de son histoire, relatait le Figaro. Il affichait des pertes de 7,1 milliards d’euros en 2020. «Tous ses indicateurs sont passés au rouge vif: ainsi, ses revenus ont chuté de 59% à 11,1 milliards» notait le journal.


■ Aux Etats-Unis, les délibérations sur le vaccin Johnson & Johnson auront lieu en public ce vendredi

Ce vendredi, raconte l’agence AFP, le vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson va être passé au crible par un comité d’experts, dont l’avis quoique consultatif sera pris en compte pour l’autorisation conditionnelle de ce troisième vaccin aux Etats-Unis, qui pourrait intervenir très rapidement dans la foulée.

Les discussions de ce comité seront retransmises en direct sur internet tout au long de la journée, comme cela avait été le cas avant les autorisations en urgence des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna dans le pays.

Pour celles et ceux qui voudraient suivre, les adresses de visionnement sont fournies sur cette page.

Ses membres – une vingtaine de personnes, surtout des scientifiques indépendants, ainsi qu’un représentant de l’industrie et un des consommateurs – ont pu analyser dans le détail les données des essais cliniques, conduits sur quelque 40 000 personnes. Ils pourront poser leurs questions et émettre leurs éventuelles critiques afin d’alimenter la discussion.

Cet exercice de transparence peu commun est, aussi, destiné à rassurer le grand public, en démontrant le sérieux de la procédure.

Les experts sont chargés de répondre à la question suivante: les bénéfices du vaccin l’emportent-ils sur les risques de son utilisation? Au terme de la journée, ils voteront en faveur ou non de ce que l’on appelle aux Etats-Unis une autorisation d’utilisation en urgence.