Tout le week-end, l'ambassade de Suisse à Harare sera en état d'alerte. Treize fermiers helvétiques, la plupart installés en ex-Rhodésie avant l'indépendance, se retrouvent en effet au cœur de la tourmente et les diplomates redoutent que la fête nationale du Zimbabwe, samedi, n'entraîne des débordements anti-Blancs. Selon le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), en contact étroit avec le chargé d'affaires Eduard Jaün, sept d'entre eux ont reçu des ordres d'expropriation et trois avaient été sommés de quitter les lieux jeudi soir à minuit.

«A notre connaissance, deux ont arraché un compromis pour rester, en cédant une partie de leurs terres et un autre a plié bagages.

Il est à Harare» explique-t-on à Berne. Vendredi, le DFAE, ne s'attendait pas «à des actions de force imminentes» contre ces exploitants suisses qui firent jadis le pari de l'Afrique. A leurs risques et périls.