Onze corps sont enveloppés dans un drapeau rouge, jaune et vert. «Les martyrs ne meurent pas», scande la foule en kurde. Ce matin du lundi 21 novembre, à moins de 10 kilomètres de la frontière turque, «les martyrs» étaient enterrés dans le petit cimetière de la ville d’Al-Malikiyah, 40 000 âmes, dans le Nord-Est syrien, après un week-end sous les feux de son voisin. L’opération Griffe-Epée emmenée par 70 avions de l’armée turque et plus d’une vingtaine de drones a fait 35 victimes et plus de 70 blessés depuis dimanche dans ces zones frontalières, contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dominées par les Kurdes. «Nous ferons tout pour défendre notre peuple», confie au Temps Abdulkarim Omar, le président du Département des affaires étrangères de la région autonome du Nord-Est syrien.