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Des manifestants venus protester contre les réformes du président Macron.
© François Mori/AP Photo

International

La «fête à Macron» tourne à l’avantage de l’Elysée

La manifestation anti-Macron de ce week-end n’a pas modifié le rapport de force politique. La réforme de la SNCF est toujours programmée

Les grévistes de la SNCF n’ont plus le vent en poupe. Et leurs relais politiques ont de plus en plus de peine à mobiliser.

Samedi, une soixantaine d’organisations et associations, avec en tête La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, avaient de nouveau appelé à descendre dans la rue dans toutes les villes de France pour «faire la fête à Macron». Le résultat: une réelle mobilisation, mais loin du raz-de-marée espéré pour faire vaciller l’Elysée et entraver la réforme du rail, plus que jamais à l’ordre du jour après la décision du gouvernement de reprendre à son compte, à partir de 2020, environ 35 milliards d’euros sur les 55 milliards de dette cumulée de la SNCF (47 milliards pour le réseau, 8 milliards pour l’entreprise). Environ 32 000 personnes ont manifesté à Paris, et environ 100 000 à travers le pays.

Avantage au pouvoir

Côté politique, le rapport de force paraît donc inchangé, à l’avantage du pouvoir, alors que la grève «perlée» (deux jours par semaine en moyenne) entamée au début avril expire le 28 juin. A preuve: 82% des Français, selon le dernier sondage IFO réalisé pour Le Journal du Dimanche, estiment que la réforme de la SNCF «ira jusqu’au bout», ce que 64% des personnes interrogées souhaitent. Difficile, dès lors, d’imaginer une reculade ultime d’Emmanuel Macron, au moment où le Sénat (contrôlé par la droite) s’apprête à débattre cette semaine du projet de loi adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 17 avril.

Le texte, dont l’adoption définitive par les députés devrait intervenir fin juillet, permettra au premier ministre Edouard Philippe de proposer dans la foulée les ordonnances pour prendre les décisions clés: transformation de la SNCF en «société nationale à capitaux publics», abrogation du statut des cheminots à partir de 2020 et ouverture du rail français à la concurrence à partir de cette date. Deux cents millions d’euros par an, a promis le gouvernement, seront investis dans les infrastructures ferroviaires une fois la réforme en vigueur.

Pas de «convergence des luttes»

Du côté social, la facture des deux mois de grève apparaît aussi lourde pour les deux principaux syndicats meneurs des hostilités à la SNCF: la CGT et SUD-Rail. Certes, l’unité du mouvement a été préservée avec les deux formations moins radicales, la CFDT et l’Unsa. Autre satisfaction des grévistes: le refus à 94% de la réforme sanctionné par le référendum interne, auquel auraient participé 64% des 150 000 employés de l’entreprise.

Mais au niveau national en revanche, la «convergence des luttes» n’a pas eu lieu. Le blocage des universités ne s’est pas généralisé, cinquante ans après mai 1968. Et le leader de la sociale-démocrate CFDT, Laurent Berger, refuse l’escalade: «Il y a une opposition radicale dans le pays et ce n’est pas mon job de la juger, a-t-il commenté ce week-end. Mais est-ce le rôle d’une organisation syndicale d’aller se perdre dans ces combats-là […] Le petit gain d’opportunisme aujourd’hui […] peut engendrer une grosse source de confusion.»

A l’Elysée, le mot d’ordre reste donc le volontarisme. Dans un entretien accordé à BFM TV à Saint-Pétersbourg (Russie) vendredi, Emmanuel Macron a redit qu’il ne «préside pas à la lumière des sondages ou des manifestations». Paradoxalement, c’est d’ailleurs une autre «fête à Macron» qui pourrait d’ici là avoir lieu, en provenance cette fois de Bruxelles. Au vu des convulsions politiques italiennes, et du gouvernement populiste en formation à Rome, l’Elysée redoute un blocage de la feuille de route pour la réforme de la gouvernance de la zone euro proposée par la France à l’Allemagne. Le rendez-vous a été pris pour le sommet européen des 28-29 juin. Pile au moment de la fin prévue des grèves, et juste avant les vacances estivales. Sur les deux fronts, l’heure de vérité macronienne approche.

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