L’apparatchik, président par intérim Foued Mebazaa est un vieux routier de la politique tunisienne. Agé de 78 ans, il a servi en tant que ministre sous Habib Bourguiba et Ben Ali. Il a aussi été maire de Tunis et de Carthage. Membre du bureau politique du RCD, le parti de Ben Ali, il présidait la Chambre des députés depuis 1997. C’est à ce titre que, conformément à la Constitution, il a été nommé chef de l’Etat par intérim après la fuite de l’autocrate déchu.

Un «Genevois» aux Affaires étrangères A 62 ans, Kamel Morjane est l’un des huit membres reconduits de l’ancien gouvernement de Ben Ali. Il en a été ministre de la Défense, puis ministre des Affaires étrangères. Crédité d’une grande compétence, il maîtrise parfaitement les dossiers internationaux. Il connaît très bien Genève, pour avoir été étudiant à HEI, mené carrière au HCR, dont il a été nommé haut-commissaire assistant en 2001. Il y a aussi été représentant de la Tunisie auprès de l’ONU.

De l’opposition radicale au gouvernement Avocat de 66 ans, Najib Chebbi est le fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP), autorisé mais dépourvu de députés. Il avait boycotté «la mascarade» des législatives de 2009. Brillant, intransigeant, excellent orateur, il s’est mis plusieurs fois en grève de la faim pour protester contre le régime Ben Ali. Son parti, dirigé depuis 2006 par Maya Jribi, semble avoir hésité à rejoindre un gouvernement qui fait la part belle à des figures de l’ancien régime.

L’éternel contradicteur à la Santé Mustapha Ben Jaafar est une autre figure incontournable de l’opposition légale mais entravée à Ben Ali. Il a été systématiquement écarté des courses à la présidentielle. Médecin, âgé de 70 ans, il est secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés, fondé en 1994 et légalisé en 2002. Courtois, il affirmait au Temps, l’hiver passé, qu’après ses trois décennies d’engagement politique il ne perdrait jamais espoir.

Déjà candidat à la présidentielle Moncef Marzouki, exilé depuis dix ans en France, dirige le Congrès pour la République (CPR), parti interdit sous Ben Ali. Il n’entre pas dans le nouveau gouvernement, qu’il accuse de «fausse ouverture». Esprit brillant, militant engagé de la cause palestinienne et des droits de l’homme, il devrait être de retour ce mardi dans son pays. Lundi, il a été le premier à annoncer sa candidature à la prochaine présidentielle en Tunisie.