Combien de temps pourra résister la vallée du Panchir? Rendue célèbre par la lutte qu’y mena le commandant Massoud avec ses moudjahidines, contre les Soviétiques puis contre les talibans, la province est aujourd’hui la seule à échapper en partie, une fois de plus, aux nouveaux maîtres de Kaboul. Son sort est pour le moins incertain, entourée de partout de forces hostiles et de montagnes infranchissables. Mais la personnalité des deux hommes qui symbolisent désormais cet embryon de front uni contre les talibans suscite un intérêt croissant. D’un côté, l’ancien vice-président afghan, Amrullah Saleh, 48 ans, qui s’est proclamé président «légitime» de l’Afghanistan, et de l’autre, un certain Ahmad Massoud qui, à 32 ans, assume aujourd’hui l’héritage de son père, celui que l’on avait surnommé «le lion du Panchir».

Le jeune Massoud, qui a multiplié depuis des années les apparitions dans les médias, est déjà largement connu à l’étranger, et principalement en France où il bénéficie en partie de la grande popularité qu’y connaissait son père. Bernard-Henri Lévy, qui fut pour beaucoup dans la fabrication du mythe de Massoud père, publiait d’ailleurs il y a peu, dans son magazine La Règle du jeu, un nouveau reportage élogieux à son sujet, soulignant sa ressemblance «troublante» avec son père et s’enthousiasmant devant son habilité dans le maniement des armes – «Il a l’art des guerriers immémoriaux des montagnes afghanes», notait-il – autant que pour sa fidélité au «combat de la liberté».