Xie Benzong, 24 ans, se promenait fin janvier dans un parc de la ville de Changsha (centre), quand il a été mordu férocement par deux chiens appartenant à Guo Bin, fils d’un responsable du gouvernement local, a rapporté l’agence officiel Chine nouvelle.

Guo Bin, que la police a simplement décrit comme «un employé de bureau», avait alors conduit le jeune Xie à l’hôpital en lui donnant 300 yuans (43 euros) pour toute indemnité.

Face à des frais médicaux d’un montant trois fois plus élevé, Xie avait réclamé à Guo Bin de payer la différence, ce à quoi ce dernier s’était refusé avec obstination.

A la suite d’une entrevue houleuse suivie d’une bagarre, Guo avait frappé violemment Xie Benzong à la tête et à la poitrine, le laissant inconscient. Il est mort cinq jours plus tard.

L’histoire, qui rappelle d’autres cas très médiatisés d’abus par des fils de cadres communistes, s’est répandue sur les réseaux sociaux chinois, provoquant des torrents de réactions scandalisées. On a notamment dénoncé l’absence d’arrestation de Guo immédiatement après les faits: «Cela montre bien que la loi a été piétinée sans état d’âme», a fulminé un usager de la plateforme de microblogs Weibo.

Selon Chine nouvelle, Guo Bin avait fini par se rendre, sa famille s’acquittant par ailleurs de 840.000 yuans (120.500 euros) de dommages pour les proches de Xie.

L’incident était, de l’avis des internautes, une nouvelle illustration des comportements de certains enfants de privilégiés, sûrs de leur impunité en raison de la fortune ou de la position sociale de leurs parents.

Un cas similaire était devenu une affaire nationale en 2010: conduisant en état d’ébriété, le fils d’un haut responsable policier local avait écrasé deux étudiantes sur un campus de la province du Hebei (nord), en tuant une.

Il avait ensuite tenté de s’enfuir en faisant valoir qui était son père, avant d’être finalement interpellé et condamné à six ans de prison.

La phrase qu’il avait prononcé après l’accident, «Attaquez-moi en justice si vous l’osez! Mon père est Li Gang!», avait alors fait florès sur l’internet.